CHAPITRE II
Au petit jour, la barque heurta un lourd bateau plat qui traversait le fleuve. Un jeune garçon S3 tenait debout à Tarrière et faisait péniblement avancer son embarcation avec une longue perche. Thilde Tînterrogea.
— Je suis le fils du passeur, je vais chercher les gens sur une rive pour les mener sur l'autre .
— Bon ! dit Thilde, voilà un métier distrayant. Tu vois tout le temps du monde, des voyageurs qui viennent de loin et qui racon-* tant des histoires.
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— Je n'ai pas le temps de les écouter. J'aide mon père à pousser le bac ; c'est dur à cause du courant. Et toi ?
Thilde raconta son histoire.
— Tu ne pourrais pas m'aider, dit le garçon, tu n'es pas assez forte.
— Dommage, fit Thilde.
— Pourquoi ne restes-tu pas chez toi ?
— Je m'ennuie.
— Tu es difficile.
— Et toi, aussi, tu dis comme les autres !
Tliilde chercha ce qu'elle pourrait bien lui
donner. Enfin elle enleva son peigne et ses cheveux roulèrent sur ses épaules. Elle lui expliqua ce qu'il devait faire et lui recom* manda de se hâter et d'accuser de vol le pêcheur et le berger s'il ne pouvait les devancer.
— D'ailleurs, acheva-t-elle, tu as ton bateau ; ce doit être moins long par la rivière que par la route.
— Mon bateau est trop lourd. Je vais l'amarrer et partir.