ORPH^B
Les dames d'honneur et les ministres la regardaient avec étonnement et ne comprenaient pas ce dédain quand eux-mêmes se sentaient étourdis parla fumée des adorations.
Gloriane traversa leurs rangs et se dirigea vers une des fenêtres. Elle s'accouda sur le balcon et regarda dans la plaine. Ici^ elle vit le campement du duc de Germanie ; les chariots, brancards levés, étaient alignés, et des soldats s'occupaient à décharger les cargaisons ; les bœufs, attachés à des piquets, paissaient; des guerriers, ayant dépouillé leurs armures, jouaient et se querellaient. Là, elle vit la caravane du duc d'Asie, avec ses tentes de pourpre entre lesquelles circulaient des hommes aux robes voyantes et des femmes voilées ; des groupes étaient étendus sur des nattes ; des musiciens jouaient des airs sourds et monotones ; les éléphants se balançaient lentement. Plus loin était la troupe du roi d'Athènes, moins nombreuse. Nul
l4 AVENTURES
n'y était oisif ; des équipes de porteurs se dirigeaient vers le palais, transportant les présents de leur maître ; on agissait sans bruit et avec ordre.
Gloriane regarda cette multitude rangée sous ses murs, venue en son honneur des plus diverses contrées ; mais aucune flamme ne courut sur ses joues ; elle demeura glacée et, laissant sa suite interdite, elle rentra seule dans ses appartements.