LE PAY£\GE DEVIENT SOMBRE
Or, un jour de joyeux sons de cloches s'élevèrent avec le vent sur la montagne de Martigny, et quand le vent siffla dans les ailes du moulin, Jacques entendit les joyeux sons de cloches.
11 descendit sur le bord de la montagne, en se demandant en vain qui pouvait se marier alors ; mais cela ne
le tourmentait guère , et il se mit à chanter^ avec assez d'insouciance, sur l'air du Magnificat ;
Enfin , vous voilà donc, ma belle mariée , EuiiQ , TOUS voilà donc à votre époux liée Avec un long fil d'or Qui ne rompt qu'à la mort.
Comme il modulait le vers : Avec un long fil d'or, ses yeux errants s'arrêtèrent sur les fleurs de la fenêtre gothique, et sa voix mourut sur ses lèvres, car Clo tilde, en robe Manche , avait passé comme un fantôme — • cette apparition, qui l'eût transporté la veille, le glaça d'effroi : la robe blanche et les parures qu'il n'avait pas vues, mais qu'il devinait, étaient d'un fatal augure, et quand la voix lui revint, il s'écria, pâle et chancelant s ■ — C'est elle qui se marie !
Dans le malheur il nous arrive toujours d'étreindre le désespoir avec une joie farouche j nous voulons Sentir à la fois ses mille aiguillons 3 nous aimons les grandes souffrances . car il y a de la poésie dans tout ce qui est grand, et d'ailleurs nous n'étreignons ainsi le désespoir
144 LES AVENTCKES GALANTES
que pour le briser plus vite et espérer encore. Quand Jacques se fut répété que mademoiselle dErmanes était perdue pour lui, que les cloches sonnaient son hymen avec un autre , que le beau soleil qui rayonnait la verrait femme avant une heure , l'espérance repassa dans son âme brûlée comme une source pure dans un désert aride , et les fleurs, qu'un mauvais souffle avait fanées , relevèrent bientôt leurs tiges.
— Je suis fou, pensa-t-il j ce n'est point elle qui se marie, car nul homme de ce monde ne laime comme moi.
Mais l'espérance mourut encore dans lame de Jacques : Clotilde reparut à la fenêtre avec sa robe de fiancée, et sembla écouter la voix lointaine des cloches qui l'appelaient.
— Oh î s'ècria-t-il dans sa douleur, c'est une chose horrible I
Il se tourna vers le moulin comme vers un ami , et lui
confia tout son malheur dans un regard. Le moulin , qui n'était sensible qu'au vent.
ne s'arrêta point pour plaindre son maître et son esclave — et Jacques, autant égaré par la colère que par la douleur, faillit prendre le rôle de don Quichotte : s'il avait eu flamberge en main, il se fût élancé devant les ailes comme l'illustre chevalier de la Manche, et Dieu sait ce qu'il en fût advenu ! Heureusement Jacques n'avait point de flamberge ; il se contenta d'apostropher le moulin — et comme il était sur le chemin des malédictions, il s'en prit aux cloches si joyeuses, au soleil qui semblait rayonnant de voir une fiancée. — Ses malédictions s'arrêtèrent pourtant à mademoiselle d'Ermanesj au lieu de s'écrier : Je vous maudis ! sa bouche, qui ne pouvait mentir, murmura : Je vous aime !
146 LES ATEXTtlIlES GALAÎSTES
Qnand il vit à la porte du château le tilbury de madame d'Ermanes , il délaissa son moulin , se précipita dans la montagne, et se mit à courir à travers les champs vers 1 église de Martigny. A son entrée dans le village , il fut ébloui par la joie qui éclatait partout j le vent balançait des couronnes de fleurs et des guirlandes de verdure aux façades de toutes les maisons ; un sable orange, parsemé de bouquets, couvrait l'unique rue de Martigny j les commères s'assemblaient devant le portail de l'église , et se promettaient de bien regarder les parures de la mariée , pendant que les jeunes enfants ramassaient des fleurs ou cherchaient des coquillages dans le sable. Jacques se trouva tout d'un coup au milieu des commères, qui reculèrent à sa vue, comme s'il arrivait d'outre-tombe. Elles le raillèrent sur sa pâleur, sur son air effaré, sur ses yeux hagards j il les regarda avec le mépris que nous jetons aux gens qui ne peuvent nous comprendre, et descendit rapidement les dalles du portail.
L'église était parée comme le beau jour de la Fête-Dieu; les anges de l'autel élevaient au dessus du
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tabernacle une couronne de roses blanches, et semblaient présenter au ciel la dernière offrande d'une vierge.
Dans le fond, peint en bleu, les cierges étoilaienfc Jacques aurait donné sa place au paradis pour qu'ils s'éteignissent.
Il ignorait alors que les cierges qui brûlent à l'autel de l'hymen s'allument pour les funérailles de lamour, dont ils sont les derniers feux.
143 LES AVEMrRES GALANTES
EMRE DEUX FEMMES.
Jacques souffrait silencieusement dans la froide solitude de l'église, et regardait à travers ses larmes la dalle de marbre où devait s'agenouiller mademoiselle d'Ermanes ; un lutin couleur de deuil lui chantait sans cesse à loreille : Un long fil d'or qui ne rompt qu'à la mort.
Sa solitude fut troublée tout à coup par l'arrivée d'Edouard de Marcy, et de grands cris de joie vinrent briser son âme en peine. Dieu l'eût alors privé de la
vue et de l'ouïe, qu'il en fût tombéàgenoux^plein de reconnaissance.
— Au moins, si j'étais aveugle et sourd, murmurait-il en se décliirant la poitrine, je ne verrais rien I je n'entendrais rien î
Il voulut s'enfuir, mais la foule qui se précipitait dans Véglise fermait le passagej et d'ailleurs une main toutepuisssante, la main de la fatalité, l'enchaînait là : il fallait qu'il vît et qu'il entendît. Clotilde, appuyée sur sa marraine et sur M. de Marcy, passa bientôt dans la nef, au milieu d'un flot de parasites , de dandys de province et de jeunes filles. Une pluie de feu tomba des yeux de Jacques ; il ne vit point Clotilde j mais, aux battements de son cœur, il devina son passage, et se réfugia dans la chapelle de la vierge. — A demi masqué par un pilier où il appuyait son cœur brûlant, il plongea un regard avide sur les mains jointes des épousés j la voix solennelle des cloches , les chants et les prières lui déchiraient le cœur j il croyait assister aux funérailles de Clotilde, et quand il la vit s'agenouiller à l'autel il faillit crier au prêtre qui allait la bénir : — Non ! non I — Mademoiselle
130 LES AVEXTOnES GALAXTEg
d'Ermanes, moins pâle que la plupart des jeunes filles qui jurent une éternelle fidélité à leurs fiancés; moins pâle peut-être parce que, pour complaire à sa marraine, elle aimait à rire de tout, et que la fidélité promise lui semblait une chimère — moins pâle peutêtre parce qu'elle ignorait ce que c'est qu'une éternelle fidélité, parce qu'elle ignorait que le fil d'or de Ihyménée se change souvent en fer, parce qu'elle oubliait que la mort seule peut briser ce fil d'or ou de fer qui résiste à la plus violente des volontés humaines — mademoiselle d'Ermanes laissa tomber un regard distrait sur Jacques à sa descente de l'autel j Jacques dans le délire crut ressentir un rayon d'amour j il s'imagina que le regard de Clotilde était le regard d'une victime résignée qui demande qu'on la plaigne — et l'espérance qui ne se lasse jamais revint encore au foyer de son cœur. Clotilde n'était pas une victime; elle s'enchaînait sans regret à Edouard de Marcy ; son amour n'avait rien de très violent , mais Jacques, qu'elle ne pouvait s'empêcher de trouver ridicule , n'était guère capable d'en détourner le cours et de l'attirer à lui; elle s'enchaînait sans regret comme sans joie; le mariage lui semblait une simple
distraction j Iheure la plus solennelle de cette journée était Iheure de l'ouverture des danses et peut-être du coucher de la mariée. Ce qui la frappait dans l'église n'était pas la gravité du prêtre ni le pieux recueillement de quelques saintes femmes que le doute n'a pu atteindre et qui priaient la vierge de protéger celle dont la robe d'innocence allait tomber^ c était léclat inaccoutumé que l'église déployait ce jour-là, c'était le corsage pudique de quelque jeune fille de quinze ans qui voilait très chastement une gorge qu'elle désirait encore, et la robe extravagante de quelque femme passée qui laissait entrevoir une gorge qu'elle regrettait déjà.
M. de Marcy, qui se souciait fort peu de la bénédiction du prêtre, des louanges à Dieu, des prières pour la prospérité de son mariage, n'était pourtant pas si calme et si indifférent que mademoiselle d'Ermanes: la joie et souriait sur sa botiche brillait dans ses yeux j il se voyait le maître d'une belle femme, dune belle fortune, et ses rêves étaient des rêves d'or.
Edouard de Marcy avait renversé tous les obstacles qui le repoussaient de Clotilde. A sa demande déjà
<S2 LES ATEMmiS CALAMES
prévue, madame d'Ermanes s'était récriée sur la grande jeunesse de sa filleule et sur mille choses plus ou moins frivoles 5 mais tout en se débattant contre les sollicitations de M. de Marcy, elle avait songé que dans ce monde elle seule pourrait répondre si on avait l'impudeur de demander un jour où était la mère de Clotilde ; elle avait songé aux nobles titres du prétendant, à l'âme ardente de sa filleule, dont elle craignait que la vertu ne faillît, et avant le soir Edouard de Marcy était triomphant.
Clotilde avait accueilli l'offre d'un époux comme une robe nouvelle, sans s'inquiéter si la robe irait à sa taille.
La messe n'était pas finie que déjà les épousés et leur suite avaient délaissé le prêtre et les desservants. A leur sortie de l'église, Jacques, qui les suivait du regard, entrevit Margot dans la foule, Margot plus pâle et plus belle que Clotilde.
— Il me reste Margot, pensa-t-il , l'amour passé reviendra peut-être.
L'ingrat oubliait qu'il avait indignement déchiré le
cœur de la pauvre fille. Hélas! Margot se souvenait toujours, et c'était la vengeance qui l'attirait à l'église ce jour-là.
Margot allait se sacrifier, Margot allait aussi s'enchaîner à un homme et lui jurer une éternelle fidélité. — Quel était cet homme?
tëà LES AVEXTDBES GALANTE»
AU BORD DE l'eAU.
C'était le garde-champêtre.
Mais comme vous avez le droit de trouver ceci très fabuleux, je vais vous raconter ce qu'il advint le jour où Margot prit un élan pour se précipiter dans la rivière.
Maître Pierre, toujours étendu sous un cerisier près
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de la baraque, vit Margot errer autour du moulin et se perdre sous les ombrages du sentier j son regard ardent essayait de la découvrir à travers les ram aux touffus des noisetiers , quand Jacques, attiré par l'aimant des voluptés du corps , descendit aussi sous les ombrages. Le cornouiller du garde-champêtre eut des inquiétudes; la jalousie fit battre son cœur et ralluma son ardeur belliqueuse ; il leva héroïquement le bras que la guerre avait bien voulu lui laisser, et son cornouiller siffla dans l'air. — Peine perdue! Jacques, que ce coup de bâton ne pouvait atteindre, ressentait alors le charme enivrant dun regard de Margot.
L'espérance d'être toujours aimée de Jacques n'avait pas brillé dans lame de Margot comme une étoile, mais comme un éclair passager 5 quand l'éclair s'éteignit dans les fumées de l'orage 3 quand Margot , à jamais désenchantée, ne trouva plus que des larmes, vous vous souvenez peut-être qu'elle s'enfuit comme une folle et qu'elle se jeta dans la rivière pour rafraîchir son front et pour calmer sur le sein de la mort son coeur qui battait avec trop de violence. Le garde-champêtre la voyant courir avec une merveilleuse rapidité sur le versant de la mon-
166 LES ATEXTCRES GALANTES
tagne, s imagina qu elle fuyait Jacques et ses séductions.
— Au vieux soldat la victoire, dit-il avec orgueil.
Il se mit en campagne et essaya de suivre Margot; mais sa course n'était rien moins que rapide, et il n'arriva sur le bord de leau qu'à l'instant où Margot se précipitait par-dessus le pont. Maître Pierre oublia dans son épouvante qu'il ne savait pas nager, et se jeta aussi dans la rivière. Il fît tant des pieds et des mains qu'il sauva Margot. — Une branche où s'était accrochée la jupe de Margot fut bien pour quelque chose là dedans.
La pauvre fille, traînée sur le sable, sous le feu du soleil, ou\Tit bientôt des yeux autant noyés par ses larmes que par les flots de la rivière ; à la vue du garde-champêtre, agenouillé devant elle comme devant un dieu, et suivant avec angoisse ses spasmes et ses crispations, elle devina qu'il l'avait arrachée à la mort, et se jeta dans ses bras en poussant un grand cri de reconnaissance. Le pauvre amoureux, qui avait eu de la force jusque là, échappa inanimé des bras défaillants de Margot.
— n m'aime lui ! murmura-t-elle en relevant sa tête échevelée.
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Elle se laissa consoler par cette pensée, et détourna ses yeux de la rivière pour oublier ses terribles souffrances sous les flots.
La mort est une douce mère quand Dieu nous l'envoie, mais quand nous allons au devant d'elle, c'est une marâtre qui nous punit toujours de l'avoir détournée de sa course capricieuse.
— Ah! vous m'aimez donc, mademoiselle Margot, dit après son évanouissement le garde-champêtre, qui s'était singulièrement mépris sur le noble élan de la jeune fille.
Margot, touchée, regarda dans son cœur avec le désir d'y trouver de l'amour pour le seul homme qui l'aimât; dans son cœur elle ne vit que Jacques, toujours Jacques -, elle voulut s'aveugler et croire que l'image qui flottait sous les yeux de son imagination était limage du garde-champêtre , mais elle essaya vainement de s'abuser, c'était toujours l'image ardente de Jacques. — Dans son cœur il n'y avait point d'amour pour maître Pierre, mais il y avait cette douce pitié qui vaut souvent
188 LES AVEXTCRES GALAXTFS
l'amour 5 elle le plaignit, et laissa tomber une sainte larme sur sa main desséchée.
Le garde-champêtre ignorait tout ce qu'il y a de poésie dans les larmes — perles sacrées plus belles que les perles cachées au sein de l'Océan. — Il vit sans s'émouvoir cette larme de Margot, et fut assez stupide pour lui dire : — Ne pleurez pas.
Margot, replongée dans de lugubres rêveries, se leva tout à coup et partit en silence ; ses vêtements étaient à demi sécliés, et le soleil qui rayonnait toujours réchauffait son sang glacé ; maître Pierre, que la fiè\Te venait d'atteindre, accompagna Margot jusqu'à la baraque. — Il voulait entrer. Margot, qui souffrait de ne pas être seule, le pria daller avertir la mendiante qu'elle était malade; maître Pierre insista et jura par Cupidon qu'il ne la laisserait pas sans secours au fond d'une baraque isolée. — Pour le décider à partir, Margot lui dit qu'elle allait se coucher; le vieux diable n'eut point été fâché de se coucher aussi — dans la baraque surtout — et ses yeux s'animèrent singulièrement; mais Margot n'eut qu'à lever vers lui son front chaste et son regard plein
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de candeur poiirvaincre sa résistance. — Il partit et s'en fut à la plus chétive maison de Martigny , où il trouva la mendiante priant Dieu et fermant l'oreille aux musiques lointaines de la fête.
— Margot est malade, lui dit-il.
La mendiante fit un signe de croix et s'avança vers la porte.
— Savez-vous ce qu'elle a ? demanda-t-elle au gardechampêlre.
— Non, répondit-il avec émotion.
La mendiante sortit et prit le chemin de la baràqùèi — ^Mais votre porte est ouverte, lui dit maître Pierre -
— Vous savez que je ne la ferme jamais — la misère ne craint rien — fermer ma porte , grand Dieu ! ce serait une raillerie amère.
— J'oubliais, dit le garde- champêtre, j'oubliais, cai j'ai la tète perdue.
Il s'approcha de la mendiante et se pencha vers elle.
— Si Margot vous parle de moi, lui dit-il d'une voix faible, plaidez pour moi, la vieille.
— Je ne vous entends pas, murmura la mendiante.
— C'est qu'on aime à dire ces choses-là dans l'oreille, or donc voici Ihistoire : j'aime Margot.
— Dans quel état vous êtes , s'écria la mendiante en voyant un sable humide sur les habits de maître Pierre.
-— Oui, dit le garde-champétre avec orgueil , je suis tombé dans la rivière , où j'ai rencontré mademoiselle Margot qui se débattait avec je ne sais qui.
— Margot dans la rivière !
— J'ai la tète perdue, je ne sais plus ce que je dis, ne m'écoutez pas et courez à la baraque.
Maître Pierre, dévoré parla fièvre, s'éloigna avec précipitation de la mendiante, qui s'en alla pieusement veiller Margot.
— Qu'y a-t-il, ma chère fille ? lui demande-t-elle en ouvrant la porte de la baraque.
Margot confia tout à la mendiante.
— Jacques a failli te perdre, ma chère fille , raaitre Pierre t'a sauvée j il faut récompenser l'un en te vengeant de l'autre. Le garde-champêtre t'aime , c'est un brave homme qui a une pension du roi ; ne pense plus à Jacques , il est indigne de ton amour , sois la femme légitime de maître Pierre, et bien t'en adviendra.
— Oui, me venger I pensa Margot.
— Hélas ! dit-elle , il aurait dû me laisser au fond de la rivière, mais il m'a empêché de mourir, et je suis prête à lui sacrifier ma vie.
Puisqu'elle ne pouvait être à Jacques, peu lui importait d'être à maître Pierre ou à un autre 5 elle était d'ailleurs anéantie, elle n'avait plus de volonté. — Le reste de sa misérable existence ne devait être qu'un triste esclavage. — Elle avait entrevu pendant un instant les joies de la vie, mais ses veux s'étaient fermés bien vite î
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Sa bouche s'était approchée de la coupe des ivresses, mais la coupe s'était brisée sous ses lèvTes. Je vous l'ai dit, peu lui importait de donner son corps à maître Pierre ou à un autre, peu lui importait de souffrir avec maître Pierre ou avec un autre.
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