II. -Jfi
de Sita lui faisait sentir bien délicatement la dureté qu'elle venait de montrer.
« C'est le souvenir d'une amie, dit Sita. Si mon cher et bien-aimé Gorcoran est vainqueur, je n'aurai pas besoin de ces trésors. L'Hindoustan est à nous. S'il est vaincu, il se fera tuer, et moi je ne lui survivrai pas. Je monterai sur le bûcher, comme ma grand'mère Sita la Vidôhaine ; et, ayant eu le plaisir d'appartenir au plus glorieux des hommes, je me poignarderai moi-même pour le retrouver plus tôt et me confondre avec lui dans le sein de Brahma! »
Sita parlait avec tant de simplicité, qu'Alice vit bien que sa résolution était prise. Elle accepta en fin ce don inestimable et embrassa Sita avec une tendresse véritable. Elle pensait ne la revoir jamais ; car, en bonne Anglaise qu'elle était, il lui semblait impossible que Gorcoran fût vainqueur. Pour lui, avec une douce et cordiale gravité, il fit ses adieux à Quaterquem et à sa femme et embrassa ses amis en homme résolu à vaincre ou à mourir.
« Mon cher Quaterquem, dit-il au Malouin, je ne sais si je te reverrai. Garde-moi cette caisse en dépôt dans ton île. Si tu apprends qu'il nous soit arrivé malheur, ouvre-la. Ce qu'elle contient est à toi. Si je suis vainqueur, je te la redemanderai. »
îklt AVKNTnilES MKHVEILLKUSES, ETC.
DL se pcnclianl à son oreille :
« Ce sont les pierreries du vieil Holkar, dit-il à voix basse. Elles valent plus de ([uinze millions de roupies. Ce sera, quoi qu'il arrive, l'héritage de Rama. Adieu.
Ils s'embrassèrent encore, et Ounfenjuem monta dans la frégate avec sa femme. Avant de prendre son essor :
« Madame, dit-il à Sita, je viendrai le 15 mars à Hliagavapour vous chercher, et je vous emmènerai dans mon île, que vous ne connaissez pas.^Gorcoran, qui sera, je l'espère, débarrassé de toute inquiétude, et qui aura fait sa paix avec lord Braddock, nous accompagnera. Alice va organiser sa maison en conséquence et chercher une femme de chambre. Adieu, cher et ambitieux maharajah Tu as pris un chemin de traverse pour arriver au bonheur-, mais l'expérience te rendra sage. Adieu. »
La frégate s'enleva dans les airs et se dirigea vers l'Orient.
Gorcoran, tout pensif, serra sa femme et Rama sur son cœur, monta à cheval avec son escorte et courut au galop dans la direction de l'armée anglaise.