NUIT BLANCHE
La négresse. — Sa vie. — Comment elle est traitée. — Ses vices. — Sa coquetterie. — L'épouse de Niçoise. — Tentatives de rapprochement. — Le chant. — La danse. — Nicaise est décidément un mari difficile. — 11 va prendre l'air. — Première visite nocturne. — Désappointement de la négresse. — Chacun dans un coin. — Autres pillards. — Raccommodage de la Case. — Nouveaux visiteurs. — Les hyènes tachetées. — Enlèvement de la négresse. — Le sabre fait merveille. — Pauvre diablesse! — Le pansement. — Compassion. — Pierrot dresse les oreilles. — Le feu.
Le village cerné. — Les habitants du village en face du péril. —
Sommation faite à Nicaise par le chef. — L'attaque. — La razzia.
Tandis qu'abasourdi, ne sachant s'il rêvait ou s'il était éveillé, Narcisse cherchait à se rendre compte de sa situation, « son épouse », flattée du concert qui l'avait accompagnée au domicile conjugal, et blottie dans un coin, regardait, en souriant stupidement, son nouveau seigneur.
Apparemment, elle n'était pas mécontente, car elle coquetait et se donnait beaucoup de mal pour attirer l'attention de l'infortuné.
L'attrait de la curiosité la picotait sans doute, autrement elle n'eût pas quitté aussi gaiement une position telle que celle de princesse, pour devenir la compagne d'un aventurier, car la négresse de l'Afrique centrale, quand elle est la femme du premier venu, est maltraitée et vit en esclave.
Chargée des travaux des champs et du ménage et Je
'^./^JiJft^^l^fv
L'un liui-la ut l'iiulro a'olaïu^u, irrilù... (i»age 1(55).
lG-2 AVENÏL'HKS l'LlULLiaSES DE NARCISSE MCAISE
tous ceux que riiuiiïuie ne se soucie pas de faire, ils sont nombreux, son existence est pire que celle de l'àne chez nous.
Au Congo, elle est parliculièrement misérable, à cause de la polygamie qui règne parlout, du nord au sud, de Pest à l'ouest de ce pays, même sur le territoire acquis ù la domination portugaise.
La femme tient son pouvoir de ses grâces, mais plus encore du rôle qu'elle joue dans la famille; or la famille n'existant vraiment que chez les peuples monogames, il est naturel qu'elle ne soit rien ou presque rien chez les nations polygames.
Aimée seulement pour ses agréments physiques, la négresse est vite dédaignée, méprisée quand l'éclat de sa courte jeunesse s'est éclipsé, quand de durs labeurs et l'ùge ont flétri ses traits et amaigri ses membres.
Alors, sous le muin^lre prétexte, sou mari la répudie en la mettant simplement à la porte, ou la frappe à coups de poings, de pieds, de bâton, parfois jusqu'à ce que mort s'ensuive, ou la vend.
Dans la Métammba, contrée riveraine du Loualaba, sous la latitude du Congo, raconte Livingstone, les querelles de ménage ont souvent pour conclusion le meurtre de la femme par le mari, qui mange le cœur d ' la défunte, mêlé à une copieuse fricassée de viande de chèvre.
Bon mari 1
Ce festin, il est vrai, a un caractère magique, remarque Livingstone, qui passe assez légèrement sur l'arfreuse condition de la femme, au centre de l'Afrique.
Le travail obligatoire, pénible et continuel, les coups, regorgement, la fricassée, la répudiation, le partage de la case conjugale par un nombre indéterminé d'épouses, plusieurs centaines, suivant le rang du pacha, la vente des enfants, ne sont pas choses de nature à développer en elle les bons sentiments; aussi les voyageurs sont-ils d'accord pour la dauber.
NUIT BLANCdE 163
Sournoise, cruelle ou indilîéronte, selon les cas, ivrornesse, débauchée, cynique, impudente, elle a tous les vices que l'exemple de l'homme lui communique, et tous ceux que son état d'abaissement fait naître et grandir dans son cerveau abèii.
Son cœur atrophié ne la maintient ni ne la relève ; il est trop faible pour cela.
Lorsqu'on l'examine, on comprend la puissance moralisatrice de la civilisation.
Epouse d'un chef, la négresse du Congo est moins malheureuse que le commun des créatures de sa race; il faut pour cela qu'elle soit belle.
Alors, au lieu de servir, elle est servie; elle a des esclaves, et, tant qu'elle plaît à son époux, n'a d'autre soin que celui de sa personne et de sa toilette.
Comme elle va à peu près nue, ce qui l'occupe ce n'est pas son vêtement, c'est sa chevelure crépue et touffue, qu'elle sait arranger avec un art capable d'humilier les plus habiles de nos coiffeurs.
On ne s'imaginerait jamais, dit M. Alfred Marche dans son voyage au fleuve Ogooué, le temps que les femmes de l'Afrique occidentale passent à se mettre du blanc, du jaune, du rouge, et, qui le croirait? du noir. Elles se peignent tout le corps avec un rouge végétal délayé dans de l'huile de pahnc; la plus grasse et la plus reluisante est aussi la plus belle. J'en ai vu une, ajoute-t-il, qui est arrivée à se servir de deux miroirs conjugués, formant psyché, pour arranger sa coiffure; je n'aurais jamais cru que la coquetterie pût rendre une négresse assez ingénieuse pour lui faire découvrir les lois de la réflexion. Elles perdent une partie de leur temps à arracher leurs propres cils, ainsi que ceux des hommes; elles se servent pour cela de la pointe d'un couteau.
Notons en outre qu'elles ont des tatouages hideux qu'elles entretiennent soigneusement, afin qu'ils ne s'oblitèrent ni ne s'effacent, et que souvent elles se font tailler les dents en pointe, ce qui leur donne l'air de crocodiles, ou les
noircissent ou se les extirpent, mutilation dont elles sont très fières.
La femme que, dans un élan de reconnaissance, le chef venait d'unir à Nicaise, avait quelques-uns de ces derniers agréments, en particulier, des coutures sur le corps formant des bourrelets, et des balafres sur les bras et les joues d'un elTet irrésistible peut-être pour un noir, mais horrible pour un blanc tel que le )iôtre.
Son âge, déjà respectable pour le harem, et ses grâces pesantes, laissaient supposer que son noble époux n'avait pas fait un grand sacrifice en en gratifiant le sauveur du village.
Lorsque le vacarme eut cessé à l'extérieur et que la nuit fut complète, Narcisse leva, non sans crainte, les yeux sur le trésor dont il était le fortuné possesseur, et l'envisagea, à la lueur vacillante d'un lampion fumeux déposé par terre, dans une terrine, afin d'éviter un incendie.
Lafemme, indécise, embarrassée, attendait qu'il s'approchât d'elle; elle semblait implorer une parole engageante, un appel, et commençait à s'impatienter, quand Nicaise, après une minute de contemplation muette, soupira involontairement : « Mon DieU;, qu'elle est laide f » cri du cœur que son caniche approuva par un grognement.
Un proverbe castillan, dont il convient de rabattre, et qui lui revint spontanément à l'esprit, dit que l'Anglaise doit être vue à la fenêtre, la Française à la promenade, l'Espagnole en tout lieu , naturellement, et l'Africaine , dans l'ombre.
« Ce n'est pas seulement dans l^ombre que ce monstre doit être regardé, articula-t-il, c'est dans l'obscurité la plus profonde. Et voilà le prix de ma victoire sur les mandrills; voilà la guenon avec laquelle on prétendrait me contraindre à passer le reste de mes jours ! ... »
Puis interpellant, d'un air furieux, sa moitié et lui montrant la porte :
MIT BLA.NCIIK 105
— Retournez auprès de votre maître, madame, lui ordonna-t-il; votre place n'est pas ici.
La négresse comprit en partie, parle geste, ce qu'il avait proféré; mais comme son devoir lui commandait de rester, elle s'accroupit sur la natte, à côté du lampion, espérant qu'elle gagnerait à être mieux vue, et se mit à psalmodier, pour tuer l'ennui, un chant décousu dont la mélopée monotone finit par agacer Pierrot et Narcisse, au point que l'un hurla et que l'autre s'élança irrité vers la chanteuse et lui signifia de se taire.
« Il n'aime pas la musique, parut se dire la négresse avec surprise; essayons de la danse, nous serons peut-être plus heureuse. »
Et elle se livra à une sorte de bamboula qu'elle accompagna en faisant claquer ses doigts et en poussant des ho! des ha! des hi! auxquels Pierrot mêla ses mélodies tapageuses, et que Narcisse fit cesser par une attitude tellement menaçante que la danseuse eut peur et se réfugia à l'extrémité de la case, où elle demeura silencieuse.
— Je préfère cela, mâchonna Narcisse, blême de colère; qu'elle dorme et cesse de m'importuner ou je ne réponds plus de moi; je la mets à la porte et la renvoie à celui qui m'en a gratifié. C'est déjà trop de supporter sa puanteur. Pouah! Ah! pauvre Nicaise, pourquoi, au lieu d'aller chercher des aventures, n'as-tu pas achevé tes études de pharmacie?...
La négresse grimaça, s'indigna qu'une personne de son rang, une ex-épouse d'un grand chef, fut traitée avec ce mépris par un Européen, et elle songeait à se venger lorsque le lampion s'éteignit, faute de graisse, et remplit la case d'une fumée acre.
Narcisse profila de l'incident pour aller prendre le frais sous l'auvent, et s'arracher à une société qui, décidément, lui était odieuse.
Son caniche l'imita en jetant un coup d'oeil hautain à la femme.
La nuit, ntdre ot chaude, couvrait épaissement la cam-
pairnc; à peine dislinguait-on les objets à quarante pas (levant soi.
Tout dormait ou paraissait dormir dans le village.
JNicaisc s'assit sur riiorbo, serra sa tête dans ses mains et grinça des dents.
Ecrasé par son impuissance, il se voyait, à moins d'un miracle, condamné au Congo à perpétuité, et cette certitude le bouleversait.
La France, Paris, le quartier du Luxembourg reparaissaient successivement à son esprit à travers un prisme éblouissant, il leur découvrait des splendeurs inconnues, il se sentait attiré vers eux avec une passion d'autant plus vive qu'elle était sans espoir, et il anatliématisait contre le hasard qui l'attachait à une tribu de sauvages dégoûtants où toute tentative d'évasion de sa part devait être impossible en raison du caractère superstitieux qui s'attachait à sa présence parmi elle.
— 0 ma pharmacie, ma pharmacie ! dit-il d'un ton où perçait, pour la première fois, un amour pénétrant de cette profession lucrative.
Son chien, ému de sa douleur, posa ses paltes de devant sur son épaule, le lécha, et se prit à pleurer et à se lamenter avec lui.
— Ah! que je suis malheureux! s'écria-t-il en repoussant le caniche et en se levant.
A cet instant. Pierrot et lui virent, deux points brillants dirigés vers eux.
C'étaient deux yeux de léopard.
Venu dans l'intention de dévorer les poules du village, le carnassier regardait, d'un air étonné, les deux blancs, dont la couleur et la manière d'être tranchaient sur celles des hôtes et des gens qu'il observait ordinairement dans le pays, et se demandait s'ils étaient comestibles.
Evidemment, si les indigènes n'avaient pas surveillé, la nuit, le pharmacien, leur otage et leur palladium, c'est qu'ils estimaient que sa femme le retiendrait auprès d'elle et qu'à son défaut, les félins, l'obscurité et la difficulté de
NUIT blanchi: 107
trouver un chemin praticable suffiraient à l'empêcher de s'échapper.
Narcisse le comprit en face du léopard; et comme il no tenait pas à fournir à souper au sanguinaire animal, contre lequel il ne lui restait que sun sabre faussé et son fusil sans cartouches, ce qui ne constituait plus une défense sérieuse, il rentra dans sa case en entraînant son chien, et barricada sa porte derrière lui.
Par bonheur, le léopard n^élait ni trop aiïamé. ni d'humeur trop méchante; il se contenta de suivre le blanc d'un œil curieux, après quoi il se glissa vers des huUes où il avait flairé des poules, étrangla et mangea quelques-unes de celles-ci au clair de la lune, puis se relira sans ]}ruit.
En revoyant son irascible époux, la négresse, croyant à un remords, recommença ses mines aimables; mais plus rude et plus irrité l'ingrat sacra, à mi-voix, en lui serrant le poignet :
— Couchez-vous là-bas, coquine, et gardez-vous de sortir! La nég'resse se relira, désappointée, ne comprenant pas
pourquoi son seigneur la reléguait à l'autre extrémité f'e la case et lui interdisait de mettre le nez deliors quand, un quart d'heure auparavant il l'avait chassée, et ces contradictions et ces violences lui donnèrent la plus mauvaise opinion des hommes pâles.
Après un temps prolong-é de faction derrière l'entrée de la casc^ Nicaise supposant que le léopard s'était éloigné, s'étendit sur une natte où les souris se livraient à un petit bal nocturne, et, son sabre placé à son flanc, essaya de se reposer, convaincu que son chien vigilant lui crierait : alerte! en cas de besoin.
Lanégresse fit comme lui, cl bientôt la femme, l'homme et le caniche dormirent d'un sommeil également ag^ilé qui trahissait l'état de leur esprit.
Ils étouffaient tous les trois sous le poids d'un cauchemar (juand un bruit rapproché les réveilla en sursaut.
— llciti! lit X.ircissi' bali'tant et en posant la main sur son sabre.
La négresse sauta du côté opposé où elle se trouvait et Pierrot témoigna de l'inquiétude.
La case craquait, et l'on entendait distinctement le souffle de quelque g-ros animal.
Nicaise dirigea ses regards vers le point d'oii partait le vacarme, et aperçut deux éléphants qui, après avoir pratiqué dans une des parois de la hutte une trouée assez large pour passer leurs trompes, mangeaient les fruits et les grains déposés dans des vases pour les mariés: ils faisaient partie d'une bande qui avait envahi le village.
Lorsque des familles d'éléphants s'installent dans une région peuplée, non seulement elles ravagent les cultures, spécialement celles de sorgho, mais encore elles parcourent les lieux habités, la nuit, pour piller les approvisionnements, et on ne les empêche de vider les récipients de terre où le grain a été resserré qu'en barbouillant les couvercles de ceux-ci avec de la fiente de leurs congénères.
Le dégoût les arrête net, et elles vont marauder ailleurs.
Le même procédé peut être employé contre la plupart des mammifères.
N'osant déranger ces visiteurs énormes et sans gêne, de crainte de les exciter au lieu de les effrayer, et de les voir se ruer sur la case, qu'ils auraient pulvérisée avec ses habitants, Narcisse les laissa absorber paisiblement les provisions et rejoindre leurs camarades qui s'entretenaient, à voix basse, de leurs affaires, à dix pas de la porte et le long de l'auvent.
Dès qu'elle fut repue, la bande entière quitta la place pour aller boire à la rivière, et disparut derrière les arbres.
Soit qu'ils eussent eu peur, soit qu'ils n'eussent attaché aucune importance à ses dépradations, soit qu'ils dormissent, abrutis par leur orgie de la journée, les indigènes ne donnèrent pas signe de vie tant que dura sa promenade dans le village.
Quelques têtes crépues se montrèrent, de ci, de là, quand
NUIT BLANCUli 169
elle partit, sans doute pour bien constater sa retraite, puis tout rentra dans le silence.
Contente de l'incident, qui lui fournissait une occasion de se rapprocher de son rébarbatif époux, ou plutôt de rapprocher celui-ci d'elle, la négresse travailla à réparer provisoirement les dégâts causés à la case par les éléphants, dégâts qui auraient permis le matin, à tout le village, de jeter des regards indiscrets chez le ménage de fraîche date et aux deux couleurs, ce que l'ex-épouse du chef voulait éviter.
Nicaise la laissa faire et se recoucha en soupirant, toujours gardé par son chien, qui, décidément, ne professait qu'une tiède admiration pour les noirs.
Tout à coup, le vigilant caniche dressa la tête et tendit l'oreille.
— Qu'est-ce encore ? demanda Narcisse.
Pierrot se leva, marcha vers la porte, flaira l'air et aboya avec fureur.
Son maître lui imposa silence, se leva à son tour, écarta la natte qui fermait l'entrée de la case, et regarda au dehors, sans découvrir tout d'abord ce qui motivait sa colère; mais, à certains bruits caractéristiques et surtout à la puant(3ur qui lui arrivait par bouffées, il devina qu'après le léopard et les éléphants, les hyènes visitaient le village.
Les hyènes, sur lesquelles on raconte tant de légendes sinistres expliquent, par leurs habitudes et leur régime, les sombres récits dont elles sont l'objet, dans leur patrie.
Sales, laides, désagréables, d'apparence hideuse, difformes, brutes, voraces, viles et lâches, il ne leur manque rien pour constituer le monstre tel que se le représentent les populations barbares.
On a dit qu'elles violaient les sépultures, et ce n'est point une calomnii'.
Au nord de l'Afrique, oii il existe des cimetières, ordinairement sans clôlurc, elles déterrent les morts, qu'ils soient ou non dans un état de putréfaction avancé, et les
ITO AVKMinKS l'KUlLI.EUSES DE NARCISSE MCAISE
ilcvureiil jusqu'aux ossements; au cenlie cl au sud, où les cadavres sont recouverts seulement de quelques branches feuillues, leur ])raconnag-e funèbre s'exerce librement.
Pour elles tout fait ventre : aux portes des villes, dans les campagnes, elles enlèvent les immondices, les charognes les plus répugnantes, celles que les vautours mêmes ont trouvées trop faisandées, et s'en repaissent.
Elles manquent de courage; néanmoins leur audace est parfois aussi grande que leur appétit est insatiable. Quand la faim les talonne, elles pénètrent dans les bourgs, les villages, y enlèvent les animaux de basse-cour, les chèvres, les moutons, les chiens et aussi les enfants, les femmes, les hommes endormis.
La force de leurs mâchoires est telle qu'elles peuvent emporter un être humain adullc.
On prétend auc, comme les tigres et les crocodiles, elles préfèrent la chair humaine à toute autre, et l'avidité avec laquelle elles recherchent les morts sur les champs de bataille ou dans les nécropoles, confirme celte assertion.
Elles sont essentiellement noctambules^ sortent rarement, le jour, de leurs repaires, et ne comiTiencent leurs courses qu'à la nuit close.
Guidées par l'odorat, l'ouïe et la vue, qui sont très développés chez elles, lorsqu'elles ont scnli une proie, elles s'avancent vers celle-ci en trottant, s'en approchent prudemment et s'en emparent avec une vivacité qui défie, les trois quarts du temps, toute intervention.
On en a vu enlever des enfants couchés auprès deleurraère et n'être découvertes que grâce aux cris de leurs victimes.
Les hyènes tachetées, que l'on considère comme plus méchantes que les hyènes rayées, sont particulièrement les héroïnes des histoires qu'on met à l'actif de la race en général. Leur voix, sorte de ricanement qui, la nuit, produit une impression satanique, contribue à perpétuer ces histoires auxquelles l'imagination des Africains donne des proportions fantastiques.