‹ Aventures périlleuses de Narcisse Nicaise au CongoChapitre 5 sur 27 · UN SINGLF.IER VILLAGE · texte numérisé non relu

UN SINGLF.IER VILLAGE

bablo; ils volent et vous les prenez la main dans le sac : ils nient; ils tuent et vous les voyez tuer: ils jurent qu'ils sont innocents; la ruse, le mcnsong-e, la dissimulation font partie de leur nature, et pour la perfidie, ces êtres primitifs rendraient des points aux plus fieffés scélérats civilisés.

Nicaise, qui savait cela, ne s'étonnna donc pas de voir revenir, avec des mines insouciantes et niaises, les diaboliques femelles qui avaient tenté de l'assassiner quelques minutes auparavant, et pour accomplir le projet qu'il nourrissait et à laide duquel il comptait se sauver, il joua également la candeur.

Il possédait, nous l'avons noté, trois boîtes de sardines de Aantes; il les ouvrit, coupa les sardines par moitié, avec son couteau, prit la fiole de cbloroforme enfermée dans le coffret dont nous avons parlé, en versa le contenu sur deux des boîtes, et gardant la troisième boîte se mit à manger des sardines sur le seuil de sa case, en saluant amicalement ses liùtesses.

Attirées par la curiosité et la gourmandise, celles-ci s'approcbèrent en riant stupidement et tendirent la main.

Narcisse donna aux premières quelques moitiés de sardines et les invita à les avaler, ce qu'elles firent gloutonnement.

Immédiatement, le village entier accourut devant la case et réclama des petits poissons.

C'est ce qu'attendait le Machiavel.

— Tout le monde en tâtera, mesdames, assura-t-il en accompagnant sa déclaration de gestes explicatifs. Vous m'avez traité ce matin, je vous traite ce soir. Avancez et vous aurez chacune une égale partie de cette excellente pitance. Les plus sages recevront, pour récompense, la sauce qui restera dans les boîtes.

Cela annoncé et gesticulé, Narcisse, laissant de côté la boîte saine entamée, distribua avec la pointe de son couteau, aux goules qui se pressaient vers lui, des morceaux de sardines intoxiqués sur lesquels elles se précipitèrent,

cl, en moins (le cinq minutes, les deux ])oîtes furent vidées.

Mettant alors le coml)le à sa largesse, Nicaise abandonna l'huile qu'elles contenaient à ses invitées, qui se la disputèrent en criant.

Le chloroforme, c'est connu, est une substance liquide, oléagineuse, incolore, qui a la propriété de produire l'anesthésie, c'est-à-dire de suspendre passagèrement la faculté de sentir. Les chirurgiens qui ont de douloureuses Dpérations à faire s'en servent pour rendre leurs malades insensibles et inertes, et son action est presque instantanée. Les négresses ne tardèrent pas à en éprouver les effets.

Petit à petit, les unes et les autres titubèrent, pirouettèrent, ployèrent les jambes, en poussant des sons inarticulés, et demeurèrent par terre, sans mouvement, à la stupéfaction de Pierrot.

Narcisse n'ai tendit pas leur chute à toutes pour profiter du succès de son stratagème ; dès les premiers symptômes d'assoupissement, il se rhabilla à la hâte, et se retrouva ainsi équipé de pied en cap quand ses ennemies eurent roulé sur le sol.

Aussitôt, courant à la hutte voisine, il montra au prisonnier, son œuvre, que celui-ci s'expliqua moins que le chien ne se Tétait expliquée, forma deux fagots de son bagage, chargea l'un de ces fagots sur la tète de celui qu'il sauvait, jeta l'autre paquet sur son dos, et donna le signal du départ.

Vingt secondes plus tard, le nègre, guidant la marche, le pharmacien et le caniche sortaient du village, oii régnait un silence de mort.

Le jour baissait avec la vitesse particulière aux contrées itilertropicalcs, et la nuit allait surprendre la petite troupe ail (le but Je sa fuite.

Un chemin difficile. — Marche de nuit. ~ Coups de fusil. — Un boa. — Coup de sabre libérateur. — La halte. — Les vivres. — Le sel. — Richesse du Congo. — Les moustiques. — Un crocodile audacieux. — Pierrot en grave danger. — Pierrot mutilé. — On passe le gué. — Renseignement sur la route. — On repart.

Narcisse avait liûle do mettre une grande distance entre l'oasis qu'il quittait et lui, le nègre brûlait du désir de s'éloigner, Pierrot ne se sentait pas d'aise de courir les champs, les trois fugitifs arpentaient donc le terrain.

Tout à coup, le nègre Irébuclia et se cramponna à une branche bas&o, tandis que son ballot roulait par terre.

Il avait failli tomber dans un de ces pièges disposés pour les voleurs aux abords des villages du Congo, et qui se composent d'excavations de cinquante à soixante ccnlimètros de longueur sur vingt ù trente de largeur et autant de profondeur, au fond desquelles sont fichés des piquets d'ébène ou de cèdre pointus et empoisonnés.

— Ce n'est rien, ditNarcisse en rassurant le nègre et en lui replaçant son fardeau sur la tète; mais ouvre l'œil. Et toi, Pierrot, regarde où tu poses tes pattes.

En quelques enjambées, le trio atteignit un fourré g^arni d'ananas où Nicaise ne put résister au désir de couper u'i beaufniil niùr; puis il Iong<'a uneciillure bordée de broussailles, et enfila un senlier encombré (l<! Iroiies d'arbres,

38 AVF.NTrUKS Pi;iULLEL"SKS DE NARCISSE NICAISE

do isouches, de ramures, qui sorpcnlait sous bois, lanUM en moulant, lautùl en desccmlaiil, et sur lequel il avança péniblement.

La nuit était venue.

Pas un morceau de ciel n'apparaissait au-dessus du chemin couvert où il s'était engagé et oii il allait à tâtons, en se cognant, en s'empèlrant, sans vouloir cependant s'arrêter, tant il était impatient de gagner de l'espace.

Les panthères, les léopards, les hyènes, les chacals sortaient de leurs lanières, les rapaces croassaient dans l'air, les rôdeurs nocturnes parcouraient la campagne en quête de proie, de nourriture.

Pierrot, sentant le danger, marchait, la queue basse, sur les talons de son maître qui, de son côté, se tenait prêt à faire feu contre quiconque l'aurait entravé : homme ou bète,

Yers minuit, Nicaise et le nègre, exténués, meurtris, se reposèrent au bcrd d'un hallier où ils partagèrent Fananas cueilli en route, et où ils s'endormirent, vaincus par la fatigue.

A trois heures du matin, des hyènes se glissaient vers eux, quand le caniche, aboyant en désespéré, les réveilla.

Nicaise déchargea son fusil contre les hideux carnassiers, secoua le nègre que le sommeil paralysait, et repartit hâtivement.

Le sol devenait plus montueux et plus raboteux, tout en restant boisé; la caravane, lourdement chargée, n'avançait qu'avec d'extrêmes difficultés, et, précisément à cause de la lenteur de sa marche, ne pouvait s'attarder par des haltes dans un pays où elle se sentait en péril.

Elle })oursuivit son étape, et, à la pointe du jour, à bout de forces, arriva au bord d'une rivière, devant un gué qu'elle devait passer, où abondaient les bambous et les arbrisseaux.

Le premier à courir à Teau fut Pierrot, qui tirait une langue d'un pied.

Hélas! mal lui en prit.

Le Congo est, par oxcoUenoe, la pairie des reptiles énormes.

Les boas y atteignent douze mètres, et ils seraient presque capables d'étouffer un éléphant.

Très communs près des rivières, qu'ils traversent à la nage, ces colosses guettent, le soir et le matin de préférence, les fauves qui vont s'abreuver, et en font leur pâture.

Les nègres le savent et prennent leurs précautions en conséquence; mais Pierrot l'ignorait; aussi en allant boire élourdiment, se jeta-t-il en plein sur un constrictor qui attendait une proie et qui le saisit avec une vivacité extraordinaire.

A ses hurlements, Nicaise accourut, le fusil armé, tandis que le noir déposait sa charge par terre.

Le reptile tenait le caniche dans ses anneaux et cherchait à l'enlraincr.

Lo malheureux éloulTail, ses os craquaient, et déjà le constrictor s'apprêtait à le couvrir do sa ])ave, quand Nicaise, hésitant à tirer, de crainte de tuer cckii (ju'il voulait déli\ roi', laissa son fusil au repos, brandit sou sahre, s'élança au secours de son fidèle ami, trancha le corps de serpent à l'endroit où il serrait le plus dangereusement sa victime, et ramena en arrière celle-ci froissée, rompue et bouleversée.

— Une autre fois, lui dit-il du ton de la r(''prinian(le, fais attention, sapristi !

L'imprudent caniche se recula en tremblant, et refusa obstinément de s'approcher de la rivière pourboire.

Son maître dut lui apporter, à plusieurs reprises, do l'eau dans ses deux mains jointes en creux.

Dame! on n'éprouve pas impunément une pareille soulenr.

Quand chacun eut élanché sa soif, Narcisse songea au déjeuner.

D'après les affirmations nn'miques du nègre, on était

•':0 AVI-NTCRKS IM'RILLEL'SES DE NAUaSSE MCAISE

assez loin (lu village pour s'arrêter, sans appivlionsion, durant (|U('l(]U('s licurcs, le temps de se reposer.

Du reste on aurait vainement essayé do conlinuor la roule dîins l'étal d'épuisement où l'on était.

Ou prépara ilonc la halle en étalant sur riierbe les pro visions de bouche et en se procurant du bois mort.

Le noir se chargea de ce dernier soin.

En dix minutes, il ramassa un tas de branches sèches, clioisit le campement, à l'ombre de hauts palmiers, sur du sable fin, à dix pas de l'eau, et arrangea, au moyen de cailloux, un foyer digne d'un fumiste piémontais.

Cela terminé, il pria Nicaise de mettre le feu au bois et de lui prêter son sabre ou son couteau pour couper un morceau du boa, qu'il se proposait de faire griller.

Narcisse lui confia son sabre et, avec son briquet, alluma le feu, tout en pensant à s'offrir une pitance moins répugnante que le reptile.

Il ne restait, en vivres, que trois kilos de farine, la moitié d'un sac do pruneaux, la moitié d'une boîte de biscuits anglais et quatre harengs saurs.

Ces trésors pouvaient être dévorés en vingt- quatre heures si l'on ne puisait à une autre cambuse, et la prudence commandait de les respecter longtemps et de ne les toucher qu'à la dernière extrémité.

Nicaise n'avait pas oublié, dans sa précipitation à ficeler son bagage, le sel marin, environ deux kilos, que les négresses lui avaient offert; ce condiment cristallin, plus précieux en ces circonstances que tous les diamants du Cap^ allait lui permettre de manger de la venaison sans éprouver de dégoût.

(1 Le sel est une manne dont Dieu a gratifié le gonro humain », a écrit cet homme de bien et de génie qui s'appcîlait Vauban.

Avec son fusil et un peu d'adresse, Nicaise ne devait pas manquer de viande, car le Congo est aussi généreusement partagé sous le rapport de la faune que sous celui de la llore.

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Jl saisit, dans le feu, une brauclie d'arbre (page 48).

42 AVENTinrs i-KniT.LEL'SES nr narcisse mcaise

Ses monlai^iics, qui fouriiissoiil de l'or, de l'arg-ent, du cuivro, du fer, des pierres précieuses; ses plaines, ses vallées au sol gras, argileux, qui produisent tous les arbres, toutes les plantes du reste de la Guinée : le millet, le blé, le riz, le manioc, la pistache, l'ig-name et quantité de légumes européens, nourrissent des éléphants gigantesques, des l'cptiles monstrueux, des félins de toutes les tailles, di^puis le lion jusqu'au chat, dos rhinocéros, des hippopolanios, des hulllcs, des antilopes, des chèvres, des singes, le gorille enli'e autres, des autruches, des oies, des canards, des poules, des pintades, et tout le petit gibier ailé que recherchent nos chasseurs : perdrix, cailles, grives, pigeons, etc.

La nature s'y montre d'une. luxuriante prodigalité, et Nicaise estimait, qu'outillé comme il l'était, il y garnirait facilement sa table, tant que durerait sa course, laquelle, selon lui, ne devait guère se prolonger au delà de quelques jours, le temps de brûler ses cartouches.

L'événement lui donna raison.

A peine le nègre avait-il coupé sa tranche de boa qu'un vol de perroquets passa au-dessus de la halte; il épaula son fusil, tira deux coups dans le tas, et fit tomber cinq oiseaux, qui, plumés et rôtis constituèrent un déjeuner succulent dont Pierrot se montra particulièrement satisfait.

Le repas achevé et arrosé d'eau claire, Nicaise ôta ses bottes et se coucha, à l'abri du soleil, contre un arbre, non loin du feu, que le nègre avait arrangé pour qu'il durât tant que durerait la sieste, et ahn d'éloigner les moustiques.

Le plus cruel supplice réservé aux voyageurs dans l'Afrique intertropicale, est celui des moustiques.

C'est au bord des rivières, que l'on recherche pour se rafraîchir, que les maudites bètes pullulent le plus.

On les rencontre là par nuées.

En vain cssaye-t-on d'éviter leurs assauts furieux et répétés.

Leurs piqûres causent dos douleurs si vives et si irritantes qu'elles exaspèrent les natures les mieux trempées, et occasionnent souvent des fièvres ou des ulcères mortels.

Le seul moyen de les éloigner, c'est d'allumer des feux où la fumée domine la flamme, et de se tenir auprès de ces feux.

De deux maux on choisit le moindre : au lieu d'être lardé à coup de dard, on est sulToqué.

Le vent et la pluie dispersent aussi les horripilantes bètes.

Les moustiques sont nocturnes; mais dans les endroits où ils vivent par milliards de milliai'ds, on a également à s'en défendre le jour; nos gens l'apprirent.

Le feu flambait et fumait, tout le monde dormait depuis quatre heures et la hauteur du soleil marquait midi passé, (juand Pierrot poussa des cris de terreur déchirants, des cris qui, s'il eût pu parler, se fussent traduits ainsi :

— A moi! au secours! Je suis perdu!

— Hein! exclama Narcisse en se réveillant, elfrayé, pendant que le nègre bondissait en arrière et cherchait à grimper sur un arbre.

Un crocodile de quatre mètres de longueur s'était approché, sans bruit, du campement, avait saisi par la queue le caniche, et l'entraînait vers la rivière, en se retirant à reculons, quoique l'infortunée bête se cramponnât désespérément au sol avec ses ongles.

Dans ce danger suprême, Narcisse, qui ne craignait rien lorsqu'il s'agissait de secourir ceux qu'il aimait, eut une inspiration : il saisit, dans le feu, une branche grosse connue le bras, dont l'extrémité était un tison ardent, se précipita sur l'amphibie et lui enfonça ce tison dans l'u'il gauche qu'il creva.

Inlimidé par celte vigoureuse attaque, à laquelle il ne s'alleiidait pas, et, grièvement blessé, le crocodile lâcha prise et se sauva dans la rivière.

Mais, iiélasl Pierrot était mutilé; sa (jueuc si belle, si loulVue, en panache étalée, ne tenait plus que par un mince

laniluaii de ptïau qu'il fallut (ranchrr avec le sabre, et ce noble ornement de sa blanche personne tomba à terre, inerte et maculé.

— Cher ami ! s'écria Nicaise, attendri, en pressant sou chien dans ses bras et en l'embrassant.

Pierrot répondit par des pleurs et des hurlements de douleur et d'effroi dont les alentours retentirent, lécha son maître et sembla le conjurer de l'enlever à ce lieu malsain où, en si peu de temps, il avait failli, deux fois, mourir d'une façon épouvantable, et qu'il allait quitter estropié, déshonoré, bref, sans queue!

JSicaise fouilla dans son coffret de pharmacie, versa sur la plaie du blessé quelques gouttes d'un médicament topique, et enveloppa le moignon sanglant dans une bande de toile qu'il arracha à une serviette et attacha au moyen de l'ourlet de celle-ci.

— Il est temps que nous sortions de ce pays, reconnut-il en frémissant au souvenir des dangers qu'il avait courus depuis son débarquement.

Périr sous les dents d'un cannibale ou sous les crocs aigus d'un crocodile n'était pas son rêve ; il préférait mourir de vieillesse, et Pierrot partageait son avis sur ce point; aussi réagit-il contre sa faiblesse, convaincu que l'énergie seule le tirerait d'affaire, et ordonna-t-il au nègre de se préparer à repartir et de couper au plus court pour arriver au plus vite à destination.

Le nègre s'inclina et expliqua, par signes, qu'il fallait franchir le gué, barrage naturel de pierres de cinquante centimètres de profondeur, qui formait une sorte de rapide bouillonnant.

Narcisse blêmit et demanda s'il n'y avait pas d'autre passerelle.

Le nègre répondit négativement, jura que les crocodiles n'étaient pas à craindre à cet endroit, et pour prêcher d'exemple, commença à transporter les bagages sur la rive opposée.

Quand il ne resta plus rien à la halte, Narcisse ôta son

LES FUGITIFS 'i .")

pantalon et son caleçon, prit dans ses bras son canicho frissonnant, et entra dans la rivière à la suite du nègre qui battait violemment l'eau avec une branche d'arbre, en criant.

Les crocodiles sont l'un des graves inconvénients de l'Afrique; on les rencontre, entre les tropiques, partout où il y a de l'eau, et leur voisinage est toujours mauvais, surtout lorsqu'ils ont tâté de la chair humaine.

Gomme les tigres, ils se passionnent pour cotte viande de haut g'oût, et dès qu'ils en ont mangé une fois, ils aspirent à en avoir à tous leurs repas.

Leur cuirasse les rend presque invulnérables; leur force, la puissance de leurs mâchoires, l'avantage qu'ils ont de vivre sur terre ou dans l'eau, à leur gré, font qu'ils ne redoutent aucun ennemi.

Par crainte et par superstition, les Africains les laissant en paix, ils se multiplient à tel point qu'il faut parfois leur abandonner, en toute propriété, les contrées les plus riches et les mieux arrosées.

Or, ils pullulaient dans la partie du Congo que foulaient Nicaise et Pierrot, et cela promettait à ces derniers, pour peu que le voyage se prolongeât, une série d'agréments d'un genre spécial, dont le moindre était susceptible de les envoyer rejoindn; leurs pères par la voie la plus directe.

Nicaise, rhabillé et rebotté, refit les ballots sous l'œil placide de son « esclave » qui, n'ayant pas l'embarras des vêlements, se frottait le corps avec de la graisse de boa pour se garantir contre les moucherons, et peut-être aussi contre les périls de la route, les gros reptiles étant généralement fétiches en Guinée, et quand il eut fini, demanda à celui-ci, moitié à l'aide de paroles, moitié à l'aide de la mimique, combien il faudrait de jours pour gagner la contrée où l'on trouverait le salut.

— Dix, répondit le noir en montrant ses deux mains étendues, une main signifiant cinq dans le langage numéri(juc des sauvages.

— Dix! s'écria Nicaise découragé.

4G avi:ntliu:s i'i-iulliîisks pe narcisse mcaise

— El on nous dépccliaiil. parut ajouter l'indigène.

— Alors, ne lambinons pas. Allons, Pierrot, mon ami : filons!

Un instant après, les fugitifs s'engagèrent dans un sentier étroit et creux oii ils n'entendirent que le chant de rares oiseaux, et ne furent point incommodés par les rayons du soleil.

— Quand je pense, soupira iSicaise en roulant une cigarette au début de cette nouvelle étape, que je me promenais, il y a deux mois, sous les galeries de l'Odéonl...

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