‹ Aventures périlleuses de Narcisse Nicaise au CongoChapitre 6 sur 27 · BRELAN DE DANGERS · texte numérisé non relu

BRELAN DE DANGERS

Piutados et viu de palme. — Un mamba. — L'orage. — Gare aux munitions. — La trombe. — Sous un rocher. — Les derniers harengs saurs — Affirmation du nègre sur rcxccllcnce de la route suivie. — Région féerique. — Une gazelle égarée. — Bivouac. — Joyeux soupex*. — Chacun se couche . — Un bon. — Spectacle sauglant. — Les maraudeurs. — La nuit s'achève. — Que vont-ils devenir?

Tous trois marchèrent tant qu'il fit jour; à la nuit ils s'arrêtèrent au pied d'un rocher, cherchèrent des branches sèches et allumèrent du feu.

Nicaise avait tué, vers le soir, deux pintades, qui, plumées, embrochées et rôties, constituèrent le souper.

Comme l'eau manquait, le nègre prit la boîte de fer-blanc des biscuits anglais, versa son contenu dans le sac aux pruneaux, et, armé du couteau, de l'unique couteau de la compagnie, alla pratiquer une incision dans trois magnifiques palmiers voisins, et recueillit environ un litre d'un li([uide doux, piquant, agréable, qui servit à désaltérer tout le monde, y compris le caniche.

Nicaise avait habitué, de longue date, son cbicn, à boire et à manger de tout ce qu'il buvait et de tout co qu'il mangeait soi-nirmo.

Le noir cl loblancfumèrent chacun une cigarette, accroudis devant lu feu, en pensant : l'un à son village, l'autre à

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Paris, au quartier latin, au sort étrange qui l'avait jotc au Congo et le promenait d'aventure en aventure, puis leurs yeux se fermèrent et ils s'endormiront.

Au lever du soleil, une bande de chacals affamés s'approcha du bivouac ; un coup de fusil la mit en fuite, et tout rentra dans le calme.

Voulant profiter de la matinée pour faire une longue traite, Narcisse allait, après ce léger incident, lever le camp, lorsqu'il vit, sur sa vareuse qu'il se disposait à ramasser, un serpent long de treize à quatorze pieds, un mamba, le plus venimeux des ophidiens, qui, sans doute, avait passé là plusieurs heures.

A son cri d'effroi, le reptile leva la tête en bifflant; une charge de plomb, dans le cou, l'aplatit instantanément par terre.

Le nègre applaudit à cette preuve d'adresse dont tout le monde bénéficiait, car le mamba, qui atteint, au Congo, les proportions du boa constriclor, est cité pour son caractère agressif, son agilité et son venin, dont la subtilité égale celle du venin du trigonocéphale.

— lia! çà, sacra Narcisse en regardant le serpent, aux trois quarts décapité, les reptiles pullulent dans ce pays!...

— Il y a le n'damba, le n'bambi, la lenta, et tant d'autres vipères, dont la morsure est mortelle, aurait pu lui dire le nègre s'il avait su s'exprimer en français; attendez, massa, attendez, bon blanc, vous n'êtes pas au bout de vos peines; les reptiles, dans notre Guinée, sont plus nombreux que les habitants.

Narcisse, Pierrot et leur guide s'éloignèrent, interloqués, de la halte, si paisible en apparence, où ils avaient passé la nuit à côté de la mort.

Ils marchaient depuis quatre à cinq heures, tantôt sur un terrain boisé, tantôtsurun terrain découvert et vallonné, quand un orage effroyable, accompagné d'une pluie torrentielle, les surprit au moment où ils se disposaient à choisir un endroit pour s'arrêter.

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