LES CHIMPANZÉS
g-iboyeuse, nous disent que nous ne devons pas être éloignés d'un centre d'habitation. En demeurant ici, nous courons la chance d'être sauvés par des nègres de passage ; mais nous risquons aussi de ne voir personne, et cola est grave. D'autre part, nous le savons, la route est périlleuse et nous ne sommes pas sûrs qu'elle nous mènera prochainement à destination. Néanmoins, comme il me semble plus dangereux de brûler nos dernières cartouches dans l'inaction que dans l'action, j'opine pour que nous repartions.
Il fut donc décidé qu'on repartirait, car Pierrot professait pour son maître une admiration qui l'empêchait de le contredire, et en attendant, on acheva le rôti de buffle sauf un morceau de deux livres qu'on réserva.
Ce n'est que dans l'après-midi que Narcisse reprit la besace, en persistant à obliquer vers le nord-ouest, et précédé de son caniche, dont l'assurance et la gaieté étaient revenues, et qui, fier de ses exercices cynégétiques, aurait marché, la queue en trompette, si, hélas! il eût encore possédé cet ornement.
La plaine oii s'élevaient les cases abandonnées, s'étendait, en se rétrécissant, vers une rivière qu'elle bordait; Nicaise et Pierrot la suivirent et arrivèrent à une ligne de rochers habités par une quantité de babouins, les plus amusants des singes, contre lesquels notre caniche se mit à aboyer d'une façon menaçante, et de Pair d'un gaillard qui braille: « Arrière, vile multitude; place au vainqueur des crocodiles, des buffles et des lions ! »
Les babouins mangeaient du millet à la base des rochers; ils ne s'elîrayèrent nullement de l'approche des blancs.
— Comment, clampins, vous n'êtes pas plus intimidés que cela à notre vue! parut s'écrier Pierrot; attendez, je vais vous apprendre qui nous sommes!
Et, hardi comme un page, il s'élança contre les singes, persuadé qu'il allait disperser leur tourbe.
iCrreur funeste!
Loin de fuir, les babouins l'accueillirent par des cris, des
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legaitls iirilés, des gestes furibonds, et poussèrent l'audace jusqu'à le saisir parles oreilles, les pattes, le poil, le cou, le moignon de sa queue; jusqu'à l'égraligner, le mordre, le souflletcr, le frapper des pieds et des mains, sans lui laisser le temps de se reconnaître, et de telle manière que si son maître ne l'eût secouru il ne serait pas sorti vivant de leurs grilTcs.
— Ne sais-tu pas ce que vaut cette engeance ? lui dit, tout en le consolant, Narcisse auprès de qui il était revenu en se lamentant.
La lig-ne de rochers franchie, le chemin s'ouvrit uni et droit en aval de la rivière, et nos voyageurs avancèrent, sans rencontrer d'obstacles, tant qu'il fit jour.
Au coucher du soleil, ils s'arrêtèrent, de crainte de s'égarer, et campèrent, à cent pas du bord de l'eau, sur un tertre garni d'un bouquet d'arbres de diflérentes grandeurs et aux vertes ramures, où ils se trouvèrent comme dans un berceau de feuillage.
La réserve de leur rôti de bufde et de l'eau constituèrent leur souper.
L'atmosphère était lourde, étouffante; pas la moindre brise ; une température de fournaise, et dans l'air des nuages de moustiques.
Nicaise, à demi nu, couché sur le dos, tapant à droite, à gauche, sur ses jambes, sur ses bras, sur son corps, sur sa figure, écrasait vainement par centaines les mau;lits insectes ; les bourdonnements continuaient, les piqûres se multipliaient et le supplice devenait intolérable.
11 se rhabilla, croyant ainsi se garantir; mais les aiguillons percèrent ses effets; il essaya de balayer l'espace, au-dessus et autour de lui, avec des branches garnies de feuilles ; peine inutile : les moustiques ne cédèrent pas devant sa fatigante démonstration, qu'il dut cesser.
Cette nuit si calme, sous un ciel si pur, était pour lui une nuit de torture.
Protégé par ses poils, Pierrot souffrait moins ; cependant ses grognements attestaient qu'il n'était pas épargné non
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plus, et que les dards des voraces lui chatouillaient l'épidernie d'une manière désagréable.
Cent fois Narcisse regarda sa montre, car jamais les heures ne lui avaient paru plus longues, et cent fois il appela le retour du soleil ou seulement un coup de vent qui emportât les exécrables insectes.
Enfin le jour le délivra.
Pour se rafraîchir et apaiser les cuisantes et énervantes démangeaisons que lui causaient ses piqûres, il prit un bain dans la rivière, dont l'eau liansparente et peu élevée laissait voir le fond sablonneux, après s'être assuré qu'elle ne renfermait point de crocodiles.
Puis ayant reconnu que le site manquait de provisions de bouche et qu'il n'y tuerait pas même un pigeon, il le quitta.
Il m .reliait, depuis deux heures, sur un terrain inégal, quand Pierrot aboya contre une grande autruche qui, surprise dans son nid, se leva, effarée, et détala avec une telle rapidité qu'il ne put la tirer.
— Notre déjeuner! exclama-t-il, d'un air désolé, et on se reprochant sa négligence.
Heureusement, il eut une compensation au rôti qui s'en allait en fumée.
Le nid de la fuyarde, simple dépression circulaire du sol entourée d'un bourrelet de terre, contenait quatorze œufs, de quoi vivre pendant trois ou quatre jours, et peutêtre davantage, car il était permis de supposer que les individus auxquels appartenaient ces œufs (les autruches n'ont souvent qu'un seul nid pour trois ou quatre femelles), viendraient prochainement s'enquérir de ce qui se passait rlicz eux.
— (Vest partie remise, fit Nicaise en examinant son fusil et en le déposant sur l'herbe. Ce malin nous pouvons, à notre choix, manger des œufs à la coque ou durs ; quant à irie omelette, il n'y faut pas penser puisque nous manquons (!;• pofMe; ce soir, nous aurons vraisemblablement du rôti. Or, sache, mon cher Pierrot, que la chair de l'autruche est
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cxcrllcnle cl qu'il existe dos gens qui la préfèrent à colle du dindon.
Pierrot eût été, sans doute, de lavis de ces gens, s'il avait croqué alors le cou et la tête grillés de l'autruche qui s'élait si prostomont dérobée ; en attendant le moment de se prononcer sur ce point culinaire important, il ne cacha pas qu'il se sustenterait, sans répugnance, du plat qu'il avait sous les yeux, et il engagea bruyamment son maître à préparer du feu et à faire cuire une partie de sa trouvaille.
En moyenne, les œufs d'autruche pèsent l,4i0 ou d,450 grammes, le poids de vingt-quatre œufs de poule ordinaires et, quand ils sont frais, leur saveur ne le cède pas à celle de ces derniers.
Défalcation faite de la coque, qui est dure et pesante, nos amis venaient donc de se procurer, à bon marché, une trentaine de livres de nourriture fortifiante, l'équivalent de trois cent trente-six œufs de poule.
C'était une véritable aubaine.
Les œufs, placés devant le feu, puis retournés, furent bientôt cuits, et Narcisse, qui avait dressé le couvert sous un cèdre ombreux, rempli sa boîte de fer-blanc à la rivière et cueilli, sur la rive, un melon d'eau, se préparait à festiner, lorsque des pillards qu'il n'attendait pas et n'avait pas invités, s'avancèrent en grimaçant, en gambaflant, vers le foyer et enlevèrent les œufs, en prenant des précautions pour ne pas se brûler.
— Des chimpanzés! frémit Nicaise stupéfait, tandis que Pierrot se réfugiait derrière lui en tremblant et en grognant.
Le Congo est exceptionnellement riche en quadrumanes; on peut même dire qu'il possède toutes les variétés de singes d'Afrique, depuis le gorille jusqu'au cercopithèque Diane ou exquima.
Le chimpanzé, que Buffon a appelé Joko, et Livingstone Soko^ y est commun et d'une hardiesse étonnante.
Grand comme un homme, d'une force herculéenne, intel-
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lisent et extrêmement fantasque, il est tantôL inoffensif et
tantôt dangereux.
Des missionnaires de Guinée affirment qu'il enlève dos négresses et les entraîne au fond des bois.
Les nèg-res le craignent et le considèrent comme appartenant à une race maudite et diabolique que sa persistance dans le vice a conduite à l'abjection, et, chaque fois qu'ils h peuvent, ils le tuent et le mangent pour le punir des tours pendables qu'il leur joue.
« Ce grand singe, a écrit Livingstone dans son dernier journal, à la date du 2i août 1870, marche souvent debout ; mais alors il so met les bras sur la tête, comme pour s'équilibrer. Vu dans cette position, c'est un animal gauche; les jeunes ladies les plus romanesques ne verraient en lui qu'un ignoble vilain, bancal et pansu, sans un atome do gentleman. D'autres bêtes, surtout les antilopes, sont gracieuses et font plaisir à voir ; les indigènes également sont bien faits, souples et agiles, agréables à regarder; mais un soko adulte passerait parfaitement pour le diable ; il m'ôtc l'appétit par son aspect d'une bestialité dégoûtante.
u Sa face, d'un jaune clair, fait ressortir ses affreux favoris et ses quelques poils de barbe. Son front est vilainement bas, flanqué d'oreilles placées très haut, et surmonte un visage qui est éloigné de valoir le grand museau du chien. Les dents sont légèrement humaines ; mais les canines montrent la bête par leur cnormité. Les mains ou plutôt les doigts sont pareils à ceux des indigènes. La chair des pieds est jaune. Les Manyémas prétondent qu'elle est délicieuse, et l'avidité avec laquelle ils la dévorent fait supposer que c'est en mangeant du soko qu'ils sont arrivés au rannibalismo.
« On représente ce grand singe comme très inlolligont; il traque les naturels avec succès, pendant que coux-ci travaillent, et vole les enfants qu'il emporte i\ la cimo dos arbres. La vue du négrillon qu'il tient dans ses bras paraît l'amuser; mais il se laisse séduire par un bouquet de
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bananes, et lâche l'enfant pour ramasser le fruit qu'on lui jette.
« Un homme prenait le miel que renfermait un arbre; apparaît un soko; l'homme est saisi par le singe qui, presque aussitôt, le laisse partir. Un autre était à la chasse; il manque un soko, celui-ci arrache la lance, la brise, se jette sur le chasseur, qui appelle à son secours, lui coupe le bout des doigts avec ses dents et s'échappe sain et sauf.
(c II est tellement avisé et a la vue si perçante qu'il est impossible de l'approcher par-devant; c'est pourquoi il est toujours frappé dans le dos, même lorsqu'il est entouré d'hommes et de filets. Autrement ce n'est pas une bête formidable : rien en comparaison du lion ou du léopard; il est plutôt comme un homme désarmé, car il lui vient rarement à l'esprit de se servir de ses longues canines,
(( Des quantités de sokos venaient à moins de cent mètres du bivouac, et l'on ne se serait pas douté de leur présence s'ils n'avaient donné de la voix comme des chiens courants, ce qui, chez eux, est ce qu'il y a de plus voisin de la parole.
(( Ils sont malicieux, non cruels. Un d'eux voit un homme qui laboure; il s'en approche en tapinois et le saisit; rhomme pousse des hurlements, le singe ricane et lui fait des grimaces, puis le laisse partir comme s'il avait voulu jouer. Souvent l'enfant qu'ils volent est pincé, égratigné, ensuite ils le lâchent.
« A. l'occasion, cependant, le soko triomphe du léopard en lui saisissant les doigts antérieurs et en les lui mordant de manière à le mutiler. Il grimpe alors sur un arbre où il gémit de ses blessures qui guérissent tandis que son adversaire ne tarde pas à mourir des siennes ; d'autres fois ils meurent tous les deux. Le lion le tue sur-le-champ, et quelquefois le déchire, mais ne le dévore pas.
<( Le soko ne mange pas de viande ; sa nourriture consiste en fruits sauvages, qui sont très abondants; il fait ses délices de petites bananes, et ne touche pas au maïs. Quand il a coupé les doigts de l'ennemi, il les crache.
fe^^
l'ierrot aboya cuiitro une grande autruche (page 8ô).
yO AVKNnurs n;uii.i.i:L'SES de narcisse nicaise
fl mord sans ontamer la peau. Après avoir mutilé le chasseur, il le soufflette. Blessé, il arrache la lance qui l'a frappé, mais n'en fait pas usage ; il prend ensuite des feuilles et les met dans la blessure pour arrêter le sang. Il ne désire pas le combat, attaque rarement un homme désarmé , et, voyant que les femmes ne lui font pas de mal ne les inquiète point : « Le soko, disent les Manyémas, est un homme qui n'a rien de méchant. » Il est très fort, craint le fusil, non pas la lance.
« Un très grand soko a été vu par les chasseurs de Bogharib, se nettoyant les ongles ; un autre qu'on a tué, avait les oreilles percées comme les o:oilles d'un homme. Certains Manyémas ont l'idée que leurs morts reviennent sur terre sous forme de sokos.
« Ces derniers se réunissent, et font un bruit de tambour en frappant avec les mains sur des arbres creux ; puis tous ensemble poussent des hurlements, bien imités par les indigènes dans leur musique embryonnaire.
« Ils vivent en compagnie d'une dizaine de mâles, chacun ayant sa femelle ; un intrus, venant d'une autre bande, est chassé à coups de poing et à grands cris. Si l'un des membres de la société cherche à s'emparer de la femelle d'un autre, il est terrassé, battu et mordu par tous les mâles du groupe.
« Le père porte souvent le petit, surtout dans les traversées d'un bois à un autre; rentré dans la forêt, il remette petit à sa mère. Celle-ci a parfois deux jumeaux. »
Narcisse n'ignorait rien de cela; il savait, on outre, que le vieux chimpanzé mâle brise des branches énormes, et peut résister à deux hommes, et que les chasseurs qui le manquent sont aussi bien en danger de mort que ceux qui manquent le gorille.
Tout dépend des dispositions dans lesquelles le singe se trouve.
Les chimpanzés, au nombre de seize : huit mâles et huit femelles, cassèrent les œufs durcis en ricanant à la barbe de l'apothicaire, qu'ils avaient parfaitement vu dans
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son coin, et auquel ils lancèrent des débris des roques et des pierres.
Comme ils étaient seize, ils se disputèrent pour se partager les quatorze œufs, et le conflit se termina en faveur des mâles qui s'attribuèrent chacun un œuf, tandis que les femelles n'eurent que six œufs pour elles huit.
Narcisse rattacha doucement son sabre à sa ceinture, et saisit petit à petit son fusil, en se demandant s'il devait répondre aux insolences des singes en leur envoyant des balles ou des chevrotines, ou leur témoigner son mépris en opérant une retraite prudente.
Son caniche, que les babouins avaient fort malmené, peu auparavant, penchait pour la retraite; mais lui était perplexe, autant à cause de la perte de son déjeuner qu'en raison des moqueries des quadrumanes.
Pourtant, après réflexion, comprenant que s'il ne réussissait pas, avec ses cartouches, à cflVayer les pillards, il risquait d'être étrang'lé, assommé, déchiré nu, pour le moins, violemment souffleté, et d'avoir les doig^ts coupés, il se résigna à se retirer à deux ou trois cents pas en arrière, et à attendre le départ de l'impudente bande.
Celle-ci suivait ses mouvements du coin de l'œil; dès qu'il fit mine de s'éloig-ner, elle sauta sur lui, et avant qu'il eût eu le temps de se mettre sur la défensive, le renversa en lui mordillant le dos, et l'emporta dans un arbre voisin.
Son enlèvement fut si prompt que Pierrot n'y vit que du feu.
Les mâles le maintinrent, couché à plat ventre, sur un gros rameau, en lui tapotant le corps, en lui tirant les cheveux et la barbe, en cherchant à lui ôter ses vêtements et ses bottes; les femelles lui jacassèrent des moqueries.
Il essaya de résister, chercha à se dégager pour s'enfuir; ceux qui le serraient de plus près, lui appliquèrent des claques vigoureuses sur les parties charnues, ou le pincèrent de fac'on à lui arrarhcr des rris de douleur.
Ensuite, (juatrc de ses bourreaux le prirent par les jambes, et le suspendirent le long de l'arbre, la tète en
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Las, dircclcmont au-dessus do son sabre, qui, élanl sorli du fourreau, se dressait, sous ses yeux, debout, la pointe en l'air, entre des broussailles, prêt à l'embrocber si les cliimpanzcs l'eussent laissé tomber.
Mais ceux-ci n'avaient sans doute voulu que l'effrayer et s'amuser à ses dépens, car ils le remontèrent.
Revenu de sa stupéfaction, Pierrot s'enbardit en voyant son maître dans cette situation critique, et vint aboyer au pied de l'arbre.
Que pouvait- il en faveur de son malbeureux ami ?
Les singes lui montrèrent les dents, le poing-, et lui jetèrent des morceaux de branches, sans parvenir à l'éloigner.
— Si vous le tuez, tuez-moi ! leur dit-il dans ses regards éloquents et à travers ses larmes.
Narcisse se sentit perdu.
Il se rappela qu'il avail, dans sa poche, son couteau, et il lâcha de l'en tirer : peine inutile; les singes lui serrèrent les bras au point de les broyer et paralysèrent ses mouvements.
Il cria de toute la puissance de ses poumons, dans l'espérance d'intimider ses assassins ; ses assassins crièrent plus fort que lui.
11 tenta de se dégager et de sauter à terre, et reçut incontinent une grêle de coups qui le clouèrent, à demi mort, sur son rameau.
— A l'aide!... râla-t-il dans une convulsion, sans réfléchir qu'il était au milieu du Congo, loin do toute habitation et de tout secours.
A ce moment et comme si un pouvoir mystérieux les eût brusquement fascinés, les chimpanzés s'arrêtèrent et cessèrent leurs sévices, celui qui semblait être leur chef poussa un cri d'alarme, en tout pareil à celui qu'aurait lancé une poitrine humaine, et les autres se réfugièrent au sommet de l'arbre en abandonnant le pharmacien.
Chose curieuse, Pierrot, saisi par un même sentiment de frayeur, se glissa sous un buisson voisin.