AVANT-PROPOS. VII
gue tout autre que la langue française : elles parlaient javanais !
Cette langue seule agace les nerfs, les mots y balayent les mots; les syllabes, argot féroce, défient les étymologistes les plus forts. Cette langue eut pendant un temps un succès colossal, surtout dans les foyers de théâtre ; elle est maintenant tombée dans l'oubli.
Un beau livre à écrire serait celui-ci : Grandeur et décadence de la langue javanaise.
La mort de ces femmes est à elle seule une leçon.
Quand leur beauté a fléchi dans cette longue lutte, celle du besoin on des plaisirs, — quand leur jeunesse demeure douée sur le champ de bataille de la douleur, — quelquesunes se souviennent alors qu'elles avaient une famille, elles appellent à leur chevet des gens qui souvent n'y viennent pas.
— Ma mère !
— Ma sœur!
Quelques-unes disent :
— Mon fils, ou ma fille !
Ce que j'ai vu de plus lamentable en ce genre, ce qui vous fera croire à tous les désenchantements de ces joies d'un jour, d'une heure, c'est ceci :
11 existe un bal appelé Sainte-Cécile...
C'est là... dans ce bal... que vers les quatre heures du matin — une nuit de Carnaval, j'ai vu cette apparition...
Une femme jeune, belle à défier le pinceau de Winter-