‹ Aventurières et courtisanesChapitre 30 sur 42 · UNE ÉMOTION · texte numérisé non relu

UNE ÉMOTION

La Bagata regardait Pluchot d'un air assez tendre. L'attaché furieux regardait aussi la Bagata.

C'est une belle chose que la salle des Bouffes avec une belle chambrée... L'aspect aristocratique de cette salle avait cependant changé depuis la révolution de juillet; il y avait çà et là dans les secondes loges un bourdonnement de voix et de pieds indiquant assez le faubourg Saint-Denis, des boas sur le devant des galeries, des turbans inouïs, barbares, et dignes des couronnes que portent les grands prêtres de Sémiramis, des femmes d'épiciers travesties en grandes dames, et comme pour compléter le tableau du nouveau règne, Aristide Pluchot, le pharmacien, fixé par la Bagata.

Aussi vrai que les Thermes de Dioclétien à Rome sont une chose qui subsiste, Pluchot était regardé par la divine cantatrice.

Et véritablement cela commençait à faire rumeur, d'autant plus que Pluchot occupait, après tout, la quatrième banquette du parterre, d'où sa grosse tête surmontée d'un toupet roux ressortait d'une cravate blanche nouée comme celle de maître D...., l'avocat, c'est-à-dire en guise de corde pour Montfaucon.

Tout d'un coup l'attaché eut une idée, ce qui n'est pas chose commune chez un attaché, et même un secrétaire d'ambassade... Il quitta sa stalle brusquement au milieu d'une cavatine et sortit en soulevant autour de lui un murmure d'indignation.

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