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Ein einseiliger Auszug

AVENZOAU, SA VIE ET SES OEUVHES

confisqués. Plus tard, le savant eut l’occasion de lui témoigner sa reconnaissance. El-Mo'tamid ayant été détrôné par les Almoravides et emmené en captivité à Armât, non loin de Maroc, sa femme, Romayqîyâ, qu’il chérissait tomba gravement malade. Il fit demander à Abu ’l- Alâ qui se se trouvait alors à Maroc de venir lui donner ses soins. L’habile médecin lui répondit par une lettre pleine de délicatesse et accéda aussitôt à son désir*.

Mais Abû ’l-'AUV ne crut pas devoir épouser les querelles politiques de son ancien bienfaiteur et il se rallia si bien à la cause de Yûsuf ibn Tâcefîn que celui-ci lui conféra le titre de vizir. Ce détail est relaté par Wüstenfeld*. Il faut remarquer que ni Ibn Abî O.saybi'à ni Ibn El-Abbâr n’en font mention. Toutefois ce dernier auteur parle de l’inlluence exceptionnelle qu’Abù ’l-'Alà’ avait acquise : « Le sultan, dit-il, lui fit une place telle qu’aucun des musul-

1. Cr. üozy, Histoire des musulmans d'Espagne, t. IV. p. 276. — Cf, et. Merràkucî, Histoire des Almohades, trad. E. Fagnaii, pp. 131-I32. A ce propos, M. Fagnan dit (p. 131, note 2) qu’Abù ’l-'Alà’ est le grandpère de celui que nous appelons Avenzoar; de plus, à la page 75 du même ouvrage, où il est question d'Abù Bakr ibn Zohr, il écrit en note « celui que nous appelons Avenzoar ». Ces deux observations concordantes renferment une inexactitude. Celui que nous appelons Avenzoar était le üls d’Abù ’l-'Alà’ et le père d’Abù Bakr ; il se nommait Abù .Vlerwàn. Le doute n’est pas possible sur ce point, car au moyen âge et jusqu’à la lin du xvii® siècle, on joignait les deux noms et Fou disait Abliomeron Avenzoar, Abhomeron étant la corruption d’Abù Merwàii. Quant à Abù Bakr, il est resté à peu près inconnu du monde médical. Il faut remarquer que la même erreur a été commise par Dugat, dans sa préface des Analectes d' El-Maqqâri, p. Lvm.

2. Geschichle der Arabischen Aerzte, op. laud., pp. 89-90. — Wüstenfeld désigne les conquérants berbères par les noms de « Morabiten » (Almoravides) et de « Mulatthemler ». Observons que ce mot n’est pas arabe ; il est le résultat d’une erreur de déchiffrement qui a amené le

savant orientaliste à prendre pour un r l’n final de MulaUemin qui figure dans le texte d’Ibn Abî Osaybi'à, Le mot MulaUeraiu signifie « ceux qui portent le litàm ». On appelle li/àm la partie du lià'ik qui passe sous le menton et que l'on remonte de manière à couvrir la portion inférieure du visage jusqu’au-dessous des yeux. Approximativement, MulaUemin pourrait être traduit par « voilés ».

mansd’Espagne n'enocciipa, de son temps, une semblable ; il collaborait avec les gouverneurs à la direction des affaires publiques »>. D’ailleurs, point n’est besoin du témoignage des chroniqueurs et des historiens pour affirmer qu'Abû 'l-'Alâ' fut vraiment vizir. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter les yeux sur le manuscrit* qui contient l’une de ses œuvres, la Tedkirà, insérée au milieu de celles de son fils Avenzoar : il y est qualifié de « vizir illustre »,

Ce titre [lersan de « vizir », transformé en « guazir » par la prononciation espagnole et précédé de l'article al, se retrouve dans plusieurs traductions des ouvrages d’Abù ’I-'Alâ’ dues aux savants du moyen âge, sous la

forme Alguazir. D’autre part, le mot ' Alâ’ (p^), ayant été mal orthographié par des copistes ignorants qui en avaient

fait ' Olà ( ,-Lt), a été confondu avec 'A// ( .JLc) et lu

de telle sorte qu’Abù ’l-'AlA’ est devenu Abuleli et Ebilule. Au nom ainsi modifié on a ensuite soudé 'Âohr, nom personnel du grand médecin, et l’on a supprimé Vh qui n’était pas prononcé : on a alors obtenu la forme Abidelizor. Mais ce n’est pas tout : par une de ces métathèses si fréquentes dans la transcription des noms arabes et dont Albucasis (pour Abulcasis) nous fournit un exemple frappant, Ahiilelizor s’est métamorphosé en Albuleizor, le second l ayant émigré vers le commencement du mot. En raison de ces divers changements, le vizir Abu ’l-'Alû’ Zohr s’est appelé Alguazir Albuleizor.

En quelle année Abu ’l-'Alâ’ mourut-il? Ibn Abî Osaybi'à n’a pu nous le dire. L’intention ne lui a certes pas manqué, car la phrase destinée à contenir la date existe dans les manuscrits de Paris; mais la place du nombre est restée vide. L’édition imprimée au Caire jirésente la môme lacune; la marge, à cet endroit, contient en annotation : « Un blanc dans l’original ». Pareil fait se reproduit plus

1, Bibl. Nat. de Paris, fonds arabe, no 2960.

AVENZOAR, SA VIE ET SES fKÜVRES

loin à propos du fils d’Abû ’l-'Alâ’, Abii Merwân 'Abdelmalik. Pourtant Wüstenfeld a donné avec exactitude les dates de la mort de ces deux personnages sans l'aire la moindre remarque et sans indiquer la source à laquelle il a puisé. Peut-être le manuscrit dont il s’est servi étaitil plus complet que ceux de Paris. Dans tous les cas, nous pouvons aujourd’hui combler assez sûrement cette lacune, grûce au soin que M. Godera a pris de publier les intéressantes chroniques espagnoles dont il a donné les textes’dans la Bibliotheca arahico-hispana.

Sur ce point, c’est encore Ibn El-Abbàr qui va nous éclairer*. Il nousapprend qu’Abû’l-'AUV, succombant à une maladie qui affectait l’épaule", mourut à Cordoue d’où son corps fut transporté à Séville. Il y fut inhumé en l’an 525 de l’hégire. Cette date qui correspond aux années 1130- 1131 de Père chrétienne est bien celle qu’indique Wüstenfeld; mais cet auteur, tout comme Ibn Abî Osaybi'à, prétend que le décès eut lieu à Séville. Les précisions qu’apporte Ibn El-AbbAr donnent à penser qu’il était mieux informé qu’Ibn Abî Osaybi'à, étant plus rapproché que lui du lieu des événements. Il va jusqu’à citer, d'après Abu ’l-lvatlâb ibn Wàjib qui lui-même les tenait d’Abû ’l-Walîd ibn Kiyarà, les vers suivants qu’Abû ’l- 'Alà’ avait composés en ordonnant (ju’on les inscrivît sur sa tombe ;

(( O vous qui vous tenez debout devant mon sépulcre, veuillez bien dire ; « Que Dieu lui fasse miséricorde! » et voir où j’en ai été réduit.

« La poussière du tombeau recouvre ma dalle, comme si je ne l’avais pas naguère foulée aux pieds!

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