Celui d'El-Bukài'î et celui de Musiim
3. C’est l’ouvrage intitulé « Signes de la mission du Prophète »
par Abù ’l-Qàsim Isina’tl ibn Mohammed El-ljfahânî, mort en 535 H (1140 1141 C). Cf. Hàjjî Çàlfà, Lexicon hibliographicum, op. laud., lettre •>.
d’un ouvrage de médecine, le Kitâb el-i(jti.uîd^, qu’il avait écrit pour le prince Ibrâhîm ibn Yùsuf ibn Tâcelîn. Il aurait donc eu, à cette époque, vingt-huit ans, ce qui est on ne peut plus vraisemblable, car ce livre révèle une certaine maturité d’esprit et une expérience déjà suffisamment nourrie.
Si notre auteur puisa hors de sa famille ses notions littéraires, juridiques et religieuses, c’est de son père Abu ’l-'Alâ’ qu’il reçut l’enseignement médical. Il semble d’autant plus naturel qu’il en ait été ainsi que, s’il existait des cliniques hospitalières en Orient, il n’est pas absolument prouvé que l’Espagne musulmane ait possédé des établissements de ce genre. Du reste, si quelques doutes pouvaient naître quant à l’origine des connaissances techniques d’Abù Merwân, ils seraient bien vite levés par les indications formelles qu’lbn El-Abbâr nous fournit à ce sujet.
Le fils ne tarda pas à faire honneur à son père qu'il (( égala dans l’art médical »*. Il acquit la réputation d'un excellent thérapeute. On racontait nombre d’anecdotes qui montraient la sûreté de son diagnostic, son habileté dans l’application des remèdes déjà connus, et son originalité dans l’institution de traitements nouveaux. Ibn Abî Osaybi'à cite quelques traits (|ui ne manquent certes pas d’intérêt et qui méritent d’être rapportés ici.
Avenzoar, comme son père Abu ’l-'Alâ’, avait été attaché aux princes de la dynastie des MiilaUemîn ; lorsque ceux-ci furent remplacés par les Almohades, il passa au
1. Ibn El-Abbàr donne le nom de cet ouvrage d’une manière inexacte;
il écrit : cLixXsVi ce qui ne rimerait pas avec le sous-titre
^'iLol. Mais il est possible qu’en raison du mauvais
état du manuscrit, M. Codera ait commis une erreur de lecture. Quoi qu’il en soit, le manuscrit de Paris (n® 2959) porte bien comme titre I et je montrerai plus loin qu’il ne s’agit pas d’une faute
de copie.
2. Ibn Abî Osaybi'à, '0)ûn el-anlxV, op. laud., t. II, p. 66.
service de ces nouveaux maîtres. Le Commandeur des Croyants, 'Abdelmu’min, protecteur zélé des savants, ne manqua pas de remarquer Avenzoar : il l’attacha spécialement à sa personne, plaça en lui sa confiance pour toutes les questions médicales, et le combla de faveurs et de présents au-delà même de ce qu’il pouvait désirer. Or, un jour, le kalife ‘Abdelmu’min eut besoin de prendre médecine ; sachant qu’il avait en horreur les purgations, Avenzoar chercha un moyen de lui dorer la pilule. Il commença par interdire à son malade l’usage du raisin. Puis il avisa un pied de vigne qui croissait dans son jardin et se prit à l’arroser avec une eau à laquelle il avait communiqué la vertu de certains médicaments laxatifs, soit par macération', soit par décoction*. Lorsque la vigne eut absorbé les principes actifs dont il avait fait choix et qu’elle eut produit des fruits, il en aj)porta une grappe au kalife et lui conseilla d’en manger. 'Abdelmu’min le lit aussitôt, en raison de la grande confiance qu’il avait en son médecin. Quand il eut absorbé quelques grains, Avenzoar l’arrêta disant : « Gela vous suffit. Commandeur des Croyants, car vous avez mangé dix grains qui vous procureront dix selles ». Le kalife étonné, lui en demanda la raison. Le savant la lui fit connaître : le résultat confirma ses prévisions, et son crédit fut encore accru auprès de 'Abdelniu’min qui goûta fort l’originalité de cette méthode*.
Dans un autre cas, il s’agissait d’un pauvre homme atteint d’une affection intestinale. En se rendant au palais du Commandeur des Croyants à Séville, Avenzoar le rencontrait toujours sur son chemin auprès du hammâm d’Abû ’l-Keyr. Le malade avait le ventre enflé et le teint jaunâtre, et il ne manquait jamais de se plaindre de ses souffrances au médecin, lui demandant d’examiner son cas.