‹ AvenzoarChapitre 19 sur 92 · cro O? 't · texte numérisé non relu

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5 Mort eu 537 H. — Cf. Histoire des Almohades, trad. E. Fagnan,

op. laud., p. 176.

qu’il en fit à 1 époque où l’émir 'Alî ibn Yusuf lui « fit endurer des épreuves »

Nous ignorons pourquoi 'Alî fit emprisonner le médecin; mais celui-ci raconte que cette rigueur n’empêcha pas le prince d’avoir recours à son ministère pour soigner un panaris qui avait été négligé. Avenzoar conseilla d’abandonner les caustiques auxquels ses confrères voulaient s’en tenir, et préconisa l’intervention chirurgicale et l’excision des parties nécrosées. Son avis ne prévalut pas : on eut peur, sans doute, qu’il fût inspiré par le mauvais souvenir qu’Avenzoar conservait de sa détention. Pourtant cela ne l’avait pas empêché, dans une autre circonstance, de guérir le fils de 'Alî atteint d’ictère.

Le savant avait encore un autre motif de rancune contre 'Alî ibn Yûsuf ibn Tâcefîn : en 515 H., celui-ci quittait Maroc pour se rendre en Espagne, et, au cours de ce voyage, il enlevait à Averroès sa charge de qâdî*. Or on sait quels liens d’amitié et quelle estime réciproque unissaient Averroès et Avenzoar. Sans doute, cette disgrêce ne dura pas, car, dès 521 H., nous voyons l’ancien qâdî jouer un rôle important auprès de l’émîr’; mais il est permis de penser qu’elle n’en laissa pas moins dans l’esprit d’Avenzoar une impression défavorable.

Il n’est pas impossible non plus que l’insistance avec laquelle ces événements pénibles sont rappelés dans le Teysir tienne en partie au désir qu’éprouvait l’auteur de complaire à la jeune dynastie. 'Abdelmu’min qui, avec l’aide d’Ibn Tûmert et sous son inspiration, avait fortement ébranlé le pouvoir des Almoravides, leur succéda à Maroc dès la mort de 'Alî ibn Tâcefîn. Quand ce nouveau maître entra en Espagne, Avenzoar n’hésita pas à se rallier à son autorité : il n’eut pas à s’en repentir, car il fut comblé de

2. et. Al-Bayano ’l-Mof'kriby irad. E. Eagnan, op. laud., t. I, p. 46li

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