E. Renan, Averroès et V Averroîsme, op. laud., p
AVENZOAH, SA VIE ET SES (l|<;UVHES
contre, on conçoit fort bien qu’ils l’aient appelé le « petitfils » en mémoire de son grand-père cjui fut, comme lui, qfidî de Gordoue et qui laissa le souvenir d’un jurisconsulte éclairé. Il en est de même pour Abu Bakr Mohammed : il ne paraît pas qu’il ait eu un oncle, tout au moins dans la ligne paternelle; les biographes, en parlant de ses ancêtres ou de lui-même n’auraient pas manqué d’en faire mention. Ce n’est donc pas d’un parent en ligne collatérale (ju’il pouvait se réclamer. Mais son grand-père, Abu ’l-'Alâ’ Zohr, avait joué un rôle considérable dans la société de son temps, et il était naturel qu'il se rattachât à sa mémoire. 11 est probable, d’ailleurs, que ce surnom d’El-halîd était attribué, soit par la famille, soit par le public, aux hommes en vue qui rappelaient les traits de caractère de leur grand-père déjà célèbre, plus encore que ceux de leurs parents immédiats, ce qui constitue un phénomène d’atavisme assez fréquent. Au surplus, si malgré les indications formelles des lexiques on conservait quelques doutes sur la valeur du terme, on n’aurait, pour les dissiper, qu’à se référer à la notice qu’lbn El-Abbâr nous a laissée : Mohammed ibn Zohr y est appelé textuellement « Abu Bakr fils du grand-père »'.On voit qu’ici le dictionnaire, la logique et l’histoire conduisent à la même conclusion.
Une relation détaillée de la vie d’Abû Bakr ne saurait entrer dans le cadre de cette étude. 11 suffira de dire qu’il fut, lui aussi, un médecin éminent, plutôt praticien qu’auteur médical : on lui doit pourtant un Traité d’oculistique. La réputation d’Abù Bakr, à peu près nulle en Europe, fut considérable chez les musulmans d’Espagne et d’Afrique : il la dut moins à sa valeur médicale qu’à son érudition étendue et profonde dans toutes les branches de la littérature arabe et aux poésies délicates que luimême composa. Sa mémoire était prodigieuse et l’inspii'ation personnelle ne lui manquait pas. On a de lui un recueil