CHAPITRE V
LE TEYSm
Le Teystr est l'ouvrage capital d’Avenzoar, celui sur lequel s’est fondée la réputation que son nom acquit dans l’Europe entière au moyen âge. Son titre complet est Küàb et teysir fi 'l-mudâwCi wa 't-tedbir ^ j-
stjljdl c’est-à-dire « Livre de la simplification concernant la thérapeuti({ue et la diététique ».
Il est impossible de fixer d’une façon exacte l’époque à laquelle il fut composé ; nous savons par Ibn El-Abbàr qu’il est postérieur à Vlqlisâd, ce qui permet seulement d’affirmer qu’il vit le jour entre les années 1121 et 1162 de l'ère chrétienne.
C’est par des traductions latines que le Teysir parvint à la connaissance du public médical ; car, à l’époque où il fut composé, la langue arabe n’était guère connue que de quelques savants juifs et les manuscrits (|ui reproduisaient le texte original ne devaient avoir qu’un médiocre attrait même aux yeux des bibliophiles. C’est évidemment ce qui explique leur extrême rareté.
Les Manuschits.
On est surpris de voir qu’un livre de l’importance du Teysir n’existe plus qu’en trois exemplaires dans les
1, Ilajji Ivulfà ( 4 * , L ^ y.oLi.j\ ^ \ suL
U® 3816) écrit : ^
AVENZOAR, SA VIE ET SES («-'.UYnES
grandes collections publiques de l’Europe. La Bibliothèque Bodléienne, à Oxford, celle des Médicis, à Florence, et la Bibliothèque nationale, à Paris en possèdent chacune une copie*. Je suivrai pour l’étude de cet ouvrage celle de Paris. Elle figure au Catalogue des manuscrits orientaux sous le numéro 2960 (ancien 1028), et le volume qui la contient renferme, en outre, plusieurs opuscules dont les uns sont dus aussi à Avenzoar et les autres, à son père Abù ’l-'Alâ’.
Le manuscrit 2960 se compose de deux cent un feuillets; sur ce nombre, cent cinquante-deux feuillets, formant un total de trois cent deux pages, appartiennent au Teysir. Le cadre d’écriture mesure 0"*, 175 sur 0*",135* et chaque page contient vingt-deux lignes. Les caractères sont tracés d’une façon élégante et appartiennent au type cursif occidental dit neskt rarbl. Quelques-unes des voyelles accompagnent les consonnes qui en sont affectées ; elles apparaissent de loin en loin sans que leur présence soit justifiée autrement que par le caprice du copiste.
C’est au folio 50 de ce manuscrit que commence le Teysir. Au recto figure sur deux lignes le titre suivant ; « Livre de la simplification, concernant le traitement et le régime, œuvre du très illustre vizir Abù Merwân 'Abdelmalik ibn Zohr, à qui Dieu fasse miséricorde I »’. Puis viennent des invocations religieuses suivies du texte même de l’ouvrage. Pourtant le lecteur n’entre pas de plain pied dans le Teysir \ il lui faut passer par un certain nombre