Ibid., op. laud., t. II, p
3. Ibn Abî 0§aybi'à dit en effet : « Kitâb ez'ztnà, mémento qu'il écrivit pour son iils Abu Bakr concernant les purgatifs et la façon de les prendre, <lan8 sa jeunesse, au cours du premier voyage qu'il entreprit et pendant lequel il fut l'assistant de son père ».
4, Hammer- Purgstall {Literaturgeschichte der Araber, t. VII, p. 514) écrit : « Das Buch der Zierathe, composé pour son fils Ebî 'l'Ola, sur les médicaments purgatifs ». Le D' Leclerc n'a probablement pas vu que « Das Buch der Zierathe » était la traduction allemande de Kitâb ez-ztnà. 11 faut remarquer que Hammer attribue, comme il convient, ce livre à Abu Merwân; or Abu 'l-'Alà' (et non Kbî 'l-'Ola, comme il l'écrit) était le père et non le fil» de celui-ci. On voit combien les écrivains qui se sont occupés de ces questions se sont mépris tant sur les œuvres que sur les divers membres de cette famille.
bO AVENZOAR, SA VIE ET SES ŒUVtlËS
4<' La Maqâla fi Hlal el-kuld a également disparu : aucun manuscrit de cet ouvrage n'est connu. Wiistenfeld l'appelle « Tractatus de morbis renum « et prétend qu'il a été imprimé en latin, à Venise, en 1497, sous le titre de « Alguazir Albuleizor Liber de curatione lapidis ». Il y a là une grave erreur. Remarquons d'abord qu'à première vue cette identification paraît suspecte : le titre arabe signifie (( Traité des maladies des reins » et le titre latin, « Livre sur le traitement de la pierre ». Il est bien évident que, si l'auteur a écrit « maladies » au pluriel, c'est qu'il ne s'est pas occupé uniquement de la lithiase. Son opuscule ne saurait donc être confondu avec celui qui concerne seulement le traitement de la pierre, à supposer même qu'il s'agisse dans celui-ci de la lithiase rénale aussi bien que de la lithiase vésicale. Mais il y a plus : en écrivant Alguazir Albuleizor*, Wûstenfeld a complètement défiguré le nom de l'auteur. Il suffit pour s'en convaincre, de se reporter à l'édition de 1497 qui, par bonheur, figure (sous la cote P^ 5 Réserve) dans les collections de la Bibliothèque nationale. C'est un beau volume in-folio^ qui contient à la fois les œuvres de Razès, les aphorismes de Moïse Maïmonide' et enfin l'opuscule sur le traitement de la pierre auquel Wiistenfeld fait allusion. Celui-ci n'occupe que les deux dernières pages et porte la suscription suivante : « Opuscule de Zoar sur le traitement de la pierre. — Règle tracée par le vizir Abu 'l-'Alâ* Zohr, fils de 'Abdelmalikfils de Zohr, pour l'empereur des Sarrazins 'Alî, fils de Yûsuf,
1. Cette orthographe inexacte est reproduite par Moritz Steinschneider [Die europdiscken Uebersetzungen aus dem arabischen bis Mittel des XVIl Jahrhunderts , in Sitzungsberichte der Kais. Académie der Wissenschaften in Wien. — Wien, 1905, p. 56).
2. Cet exemplaire a appartenu à Hyacinthe Baron, «doyen de l'antique Faculté de Médecine de Paris et médecin en chef des camps et armées du roi ». Il figure au catalogue général sous les noms de Rarî et de Zoar.
3. Ce livre qui porte en arabe le titre de , 'U\\ ^ '^ ^^^os est dû
au médecin juif Rabbî Mûsâ ibn Meymûn, plus connu sous le nom de Maïmonide (H39-1208 C).
fils de Tâcefîn »'. Gomme on le voit, la désignation de l'auteur est tellement nette qu'aucun doute ne saurait subsister à cet égard. Nous sommes en présence d'une monographie due non pas à Avenzoar, mais à son père Abu '1-'A1;V. On peut donc dire que, pour l'instant, il n'existe aucune trace de la Maqâlà fl 'ilal el-kuln.
5° La Risâlà que Wiistenfeld appelle assez improprement « Tractatus de morbo leprao » a aussi complètement disparu : on n'en cite ni manuscrit, ni édition, ni traduction.
6» Le Kitâb et-tedkirà^ nommé par Wûstenfeld « Liber memorialis » est aussi tout à fait inconnu, bien que cet orientaliste dise en le citant « qu'il doit être imprimé en latin » *. Je ne suis pas éloigné de croire qu'il s'agit là d'une erreur commise par Ibn Abî Osaybi'à qui aurait attribué à Abu Merwân un ouvrage dû à son père Abu l-'Alâ'. En effet, l'historien arabe ne fait aucune mention de la Tedkirà d'Abû 'l-'Ala' qui a bien vu le jour pourtant, puisqu'il en existe un manuscrit tronqué à la Bibliothèque de l'Escurial', et un autre très complet à la Bibliothèque nationale de Paris*. C'est fort probablement celle qu'il a eue en vue : elle contient précisément, comme il le dit, des conseils sur la thérapeutique. Il ne faut pas oublier qu'Ibn Abî Osaybi'à écrivait en Orient, plus de cinquante ans après la mort d'Avenzoar, et qu'une pareille confusion entre les membres tous illustres d'une même famille s'explique aisément.
Nousavons, d'ailleurs, une preuve queses notes n'étaient pas toujours d'une exactitude irréprochable dans l'omis-
1. « Libellus Zoar de curatione lapidis. — Canon quem scripsit Algua* zîr Abuale Çor iUius Abmelcth ftlii Çor iruperatori Sarracenorum Haly fîlîo Josephi filii Tesiphin. »