Geschichte der arabischen Aerzte, op. laud., p
3. Cf. Ibn El-Abbär, Æitäb et-tekmilà, op. laud., t. I, pp. 76-77.
époque. C'était un jurisconsulte fort distingué dont les avis faisaient autorité aux yeux des savants d'Espagne. Sa piété, sa droiture, sa générosité étaient notoires. Il mourut à Talavera en l’année 422 H. (1030-1031 C.), âgé de quatrevingt-six ans.
Abu Merwän ‘Abdelmalik ibn Mohammed cbn Mervän ibn Zohr.
Son fils ‘Abdelmalik, surnommé Abû Merwân, embrassa la profession médicale où il excella. Il était au courant de toutes les méthodes de son art et passait pour un praticien fort averti. Après s'être rendu à Qairouan et au Caire où il exerça longtemps la médecine’, il revint en Andalousie et se rendit à Denia. Mujähid*° régnait alors sur cette cité ; il reçut le savant avec les plus grands honneurs et l’invita à se fixer auprès de lui. ‘Abdelmalik s'empressa de déférer à ce désir et continua à être comblé d’égards.
Sa réputation franchit bien vite les limites de sa résidence et se propagea en Andalousie. L'originalité de ses vues contribuait à attirer l'attention. Ainsi il proscrivait les bains de vapeur, si chers aux Orientaux : il estimait que cette pratique exerçait sur les corps une action septique et troublait l'équilibre du tempérament. Le qâdi Said, à qui Ibn Abî Osaybi‘àa emprunte ce détail, s’empresse de réfuter une pareille théorie. « C’est là, dit-il, une opinion que contredisent les anciens etles modernes, et dont l’inexactitude est attestée par les gens qualifiés aussi bien que par le vulgaire. Bien plus, quand on en use
1, C'est du moins ce que disent Ibn Abî Osaybi‘à (‘Oyün el-anbà, t, IT, p. 64) et Ibn El-Abbär (Æitäb et-tekmilà, n° 1691), Mais il faut remarquer qu'Ibn Kailikân (Wefayät el-a‘yän, n° 683) assure qu'il alla à Baghdad, puis au Caire et enfin à Qairouan, Ibn Backwàl, Silà, ne fait pas mention des Avenzoar).
2. Sur ce prince, cf. l'Histoire des Almohades, de Merrâkuci, trad, E. Fagnan (Alger, Jourdan, 1893, in-4), p. 63.
avec les précautions nécessaires et suivant la gradation qui convient, le bain de vapeur constitue une pratique excellente et un auxiliaire précieux, car il dilate les pores et donne issue aux éléments grossiers des humeurs‘ de l'organisme, tout en mitigeant celles-ci. »
Ibn Abi Osaybi'à prétend que ‘Abdelmalik quitta Denia pour aller se fixer à Séville où il resta jusqu'à sa mort, dont il omet de nous donner la date. Cette affirmation est contredite par Ibn Kallikân; dans son Xitäb el-wefayät, celui-ci rapporte d’après le témoignage d’Abû Bakr ibn Zohr, arrière-petit-fils du défunt, que ce décès eut lieu à Denia d’où ‘Abdelmalik ne s'était plus jamais éloigné. Cette opinion a pour elle l’appui d’Ibn el-Abbâr. Après avoir célébré les mérites de ‘Abdelmalik qui, d’après lui, était aussi savant juriste qu'habile médecin, ce biographe ajoute : ( 11 se fixa à Denia et y mourut. Son tombeau est, ainsi que celui d'Abü ‘I-Wâlid El-Waqci, en face de la Vieille-Mosquée ; mais on ne peut les distinguer l’un de l’autre, J'ai fait des recherches à ce sujet, à l’époque où j'exerçais dans cette ville les fonctions de qâdi, en l’an 633, mais je n'ai retrouvé aucune indication. Es-Sâlimi parle de cette sépulture sans indiquer la date de la mort : j'estime qu’elle eut lieu vers l’an 470 »*.
Ajoutons que ‘Abdelmalik laissa à ses héritiers une fortune considérable, leur assurant ainsi le moyen de se consacrer à la science.
4. Le mot C5 Lu gwS du texte cité par Ibn Abï Osaybi‘à ne se trouve pas dans les dictionnaires. C’est le pluriel arabe du grec yvu6ç (suc) pris dans son sens étymologique et non avec la signification moderne attribuée au mot « chyme » que nous en avons nous-même tiré. Par le mot «humeurs » qu’employait l’ancienne médecine, il faut entendre les quatre liquides organiques que l’on distinguait alors dans l’économie,