‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 10 sur 235 · Édit. Dozy, p · texte numérisé non relu

Édit. Dozy, p

Oceibia1 racontent qu'Ibn-Roschd ayant composé un commentaire sur l'histoire des animaux, disait, en parlant de la girafe : « J'ai vu un quadrupède de cette espèce chez le roi des Berbers*, » désignant ainsi Iakoub Almansour. Il agissait en cela, dit Abd-el-Wahid, à la manière des savants, qui, lorsqu'ils ont à nommer le roi d'un pays, se dispensent des formules élogieuses qu'emploient les courtisans et les secrétaires. Mais cette liberté déplut à Almansour, qui regarda l'expression de roi des Berbers i^Melik el-Berber) comme un outrage. Ibn- Roschd dit pour s'excuser que cette expression était une faute du lecteur, et qu'il avait écrit Melik el-Barreyn (roi des deux continents), entendant par là l'Afrique et l'Andalousie. Ces deux expressions, en effet, ne diffèrent presque que par les points diacritiques.

Une autre version nous a été conservée par El-Ansâri8. Une prédiction s'était répandue en Orient et dans l'Andalousie, d'après laquelle, à certain jour, il s'élèverait un ouragan qui détruirait l'espèce humaine. Le peuple en était fort effrayé, et songeait déjà à s'enfuir dans les cavernes ou à se cacher sous terres Ibn-Roschd était alors kadhi de Cordoue. Le gouverneur ayant rassemblé les savants et les hommes graves pour les consulter, Ibn- Roschcl se permit d'examiner la chose au point de vue physique, et d'après les pronostics des étoiles. Quelqu'un lui demanda s'il ne croyait pas ce qui est rapporté de la tribu d'Ad, qui fut exterminée de cette manière. Ibn-Roschd répondit d'une façon peu respectueuse pour

1. Trad. deGavangos,t.Ier,append., p. xx. — Le même récit se lit à la marge de l'article biographique d'El-Ansâri, mais écrit d'une autre main (suppl.ar., n° 682, f. 7).

2. On trouve un passage presque identique à celui-ci à la fin du commentaire sur le IIe livre De Cœlo, p. 177 (édit. 1360).

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