‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 101 sur 235 · Munck, ibid., p · texte numérisé non relu

Munck, ibid., p

dîn al-Kifti , dans son Histoire des philosophes , et qui a été copié par Aboulfaradj *, achève de nous faire connaître l'analogie des doctrines de Joseph ben-Juda avec celles d'Ibn-Roschd : « J'étais lié avec lui, dit Djemâleddîn, d'une étroite amitié. Un jour je lui dis : S'il est vrai que l'âme survive au corps et qu'elle conserve après la mort la connaissance des choses extérieures , donne-moi ta parole que , si tu meurs avant moi , tu viendras me dire ce qu'il en est, et moi, si je meurs avant toi, je ferai de même. Nous reçûmes nos promesses réciproques. Il mourut, et se fit attendre quelques années. Enfin, je le vis en songe : « Médecin, lui dis-je, n'étions-nous pas convenus que tu « viendrais me faire part de tes aventures d'outre-tombe ? » Il détourna son visage en riant; je le saisis par la main, et lui dis : « Il faut absolument que tu me contes ce qui « t'est arrivé, et comment on est après la mort. — \hini- « verselj me répondit-il, s'est joint à Y univers, et le parti ticulier est rentré dans la partie. » Je compris aussitôt ce qu'il voulait dire, savoir: que l'âme, qui est l'élément universel, était retournée à l'univers, tandis que le corps, qui est l'élément particulier, était retourné au centre terrestre; et m'étant réveillé, j'admirai la subtilité de sa réponse. »

Toute l'école de Maimonide resta fidèle au péripatétisme averroïstique. Ce fait était si notoire, que Guillaume d'Auvergne ne craignait pas de dire que, parmi les juifs soumis aux Sarrasins, il n'en était pas un seul qui n'eût abandonné la foi d'Abraham , et qui ne fût infecté des erreurs des Sarrasins ou de celles des philosophes2.

1. Hist. Dïn., p. 462. Le même texte a été reproduit par M. Munck (op. cit., p. 17-18) et par Wenrich, De auct. gvœc. vers., prœf. , p. vu et suiv.

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