‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 113 sur 235 · Ibid., « 6 et · texte numérisé non relu

Ibid., « 6 et

jours à un livre capital de l'Allemagne pour passer le Rhin.

Les juifs remplissaient dans ces relations un rôle essentiel, et dont on n'a pas tenu assez de compte dans l'histoire de la civilisation. Leur activité commerciale, leur facilité à apprendre les langues en faisaient les intermédiaires naturels entre les chrétiens et les musulmans. Il faut lire l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle1 pour comprendre l'importance qu'ils avaient acquise sur le littoral de la Méditerranée depuis Barcelone jusqu'à Nice. Les princes et les seigneurs, qui avaient besoin de leur argent et de leurs connaissances médicales, les favorisaient ; le peuple seul les avait en antipathie, et soulevait contre eux les tempêtes d'où cette race invincible sortait avec son goût toujours renaissant pour l'étude et la méditation.

Les relations de l'Europe avec les musulmans s'opéraient d'un coté par l'Espagne, et surtout par Tolède; de l'autre par la Sicile et le royaume de Naples. Le travail des traductions s'opérait sur ces deux points avec une égale ardeur et par des procédés semblables. Presque toujours un juif2, souvent un musulman converti, dégrossissait l'œuvre et appliquait le mot latin ou le mot vulgaire sur le mot arabe3. Un clerc présidait au travail, se chargeait de la latinité et donnait son nom à l'œuvre. Quelquefois pourtant le nom du secrétaire juif l'emportait. De là vient qu'une même traduction est souvent attri-

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