‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 114 sur 235 · P. A, 5, etc. (Édit. Elzevir · texte numérisé non relu

P. A, 5, etc. (Édit. Elzevir

2. L'étude delà langue latine était à cette époque assez répandue chez les juifs. En 1280, Salomon ben-Adereth de Barcelone écrit une lettre aux juifs des synagogues de Provence pour les réprimander de ce qu'ils étudiaient la langue latine au détriment de la loi. (Pasini. I, p. 61-62.)

3. La Bibliothèque nationale possède (noS 7317, 7321) plusieurs traductions latines venues de l'arabe par l'intermédiaire de l'espagnol.

buée à des personnages différents. Au xne et au xine siècle , les traductions se faisaient toujours directement de l'arabe. Ce ne fut que beaucoup plus tard qu'on se mit à traduire les philosophes arabes sur les versions hébraïques.

Le caractère de ces traductions est celui de toutes les traductions du moyen âge. « Le mot latin y couvre le mot arabe, de même que les pièces de l'échiquier s'appliquent sur les cases1. » La contexture de la phrase est plutôt arabe que latine. La plupart des termes techniques et les mots que le traducteur n'a pas compris, sont transcrits de la manière la plus grossière2. Le système des versions littérales se retrouve partout à l'enfance de la philologie. L'Orient et le moyen âge n'ont jamais conçu la traduction que comme un mécanisme superficiel où le traducteur, s'abritant derrière l'obscurité du texte, se décharge sur le lecteur du soin d'y trouver un sens.

L'histoire littéraire du moyen âge ne sera complète que lorsqu'on aura fait, d'après les manuscrits, la statistique des ouvrages arabes que lisaient les docteurs du xme et du xive siècle. Il importe d'observer, en effet, que les citations qui sont faites d'un auteur arabe par les écrivains de cette époque ne sont pas une preuve qu'on en possédât la traduction, puisqu'on ne se faisait aucun scrupule de citer de seconde main. Ainsi je pense qu'Avempace et Abubacer (Ibn-Tofaïl) ne sont cités que d'après Averroès. Alkindi , Alfarabi , Avicébron , Rosta ben-Luca, Maimonide ne semblent guère avoir été lus

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