Opp., t. II, p
gression qui forme souvent dans les manuscrits un opuscule séparé ( voy. ci-dessus , p. 53), et dont les premiers mots sont : Sermo de quœstionibus quas accepimus a Nicolao , et nos dicemus in his secundum nostrum posse1. La doctrine, qui y est exposée, est d'ailleurs mise expressément sur le compte d'Averroès. (( Omne cœlum est circulare , et omne circulare est per- » fectum ; ergo omne cœlum est perfectum : sed ullum » perfectum indiget motu ; ergo ullum cœlum indiget » motu. Partes autem sui quum videant bona quae non » habent, perpendentes se indigere illis bonis, in motum » prorumpunt, ut acquirant illa bona quae non babent. .. . » Ergo salus nostra est per quietem ; cœli finis autem per » motum partium ejus : et hoc est quod dicit Averozt. » Michel Scot , par son rôle à la cour de Frédéric , où il représente d'une manière si originale l'esprit arabe , et par les accointances diaboliques que la légende lui supposa , ouvre en réalité cette série d'hommes mal pensants qui , depuis le xine siècle jusqu'à Vanini , déguisèrent leur mécréance sous le nom d'Averroès. Peut-être, les dures paroles de Roger Bacon et d'Albert, et la rigoureuse condamnation de Dante 2 tenaient-elles à la réprobation dont l'opinion frappait déjà ces allures suspectes. On verra bientôt comment tout ce mauvais esprit était un fruit de la cour des Hohenstaufen.
Un autre traducteur d'Averroès , Hermann l'Allemand3, fut, comme Michel Scot, attaché à la maison de
1 . Ces mots ont disparu dans les édition imprimées. Nous avons donné, ci-dessus, p. 82 et suiv., l'analyse de cette digression importante.