T. IX, p
U. Brucker (t. III, p. 678.) et M. Jourdain (p. 28-29) l'ont relevée.
5. D'iss. sur Vttat des sciences en Fr., depuis la mort du roi Robert, p. 78.
6. Jourdain, p. 253. — Je relèverai à ce propos une inadvertance de M. Jourdain lui-même. On trouve dans les oeuvres de Bède (t. II, col. 213 et suiv.) un recueil d'axiomes d'Aristote et d'autres philosophes, sous le titre de Sententiœ ex Aristotele ou Authoritatum gencralium aliquot philosophorum tabula. M. Jourdain (p. 21) y trouvant des citations de la Physique et de la Métaphysique, a cru devoir attribuer cette compilation à Boèce ou à Cassiodore. M. Barthélémy Saint-Hilaire , d'un autre côté, a conclu des citations delà Politique qui s'y trouvent que Bède connaissait la Politique. Or on trouve dans ce recueil des citations d'Averroès, designé sous le nom de Commcntaior ; ce qui en recule la composition au xivc siècle.
Paris , en 4209. Le concile après avoir condamné Àmaury de Bène, David de Dinant et leurs disciples, ajoute : Nec libri Aristotelis de naturali philosophia, nec commenta legantiir Parisiis publiée vel secreto \ Certes on peut être tenté de voir dans ces Commenta, les commentaires par excellence, les seuls à proprement parler que le moyen âge ait désignés de ce nom, ceux d'Averroès. Mansi, M. Jourdain, M. Hauréau ont adopté cette opinion 2. Il n'est pas impossible, il faut l'avouer, que les commentaires d'Averroès aient été traduits et étudiés dix ans après la mort de leur auteur. Toutefois comme Michel Scot, vers 4217, semble avoir été le premier introducteur de ces textes nouveaux, il semble difficile de croire qu'Averroès ait pu essuyer la condamnation du concile de 1209. Il faut d'ailleurs remarquer que la traduction d'Averroès est de plus d'un demi-siècle postérieure à celle des premiers textes de philosophie arabe, que par conséquent les textes traduits par Dominique Gondisalvi ont dû entrer dans les études avant ceux qui n'avaient encore ni recommandation ni célébrité. Quoi qu'il en soit, ce qui reste indubitable, c'est que le concile de 1209 frappa l'Aristote arabe, traduit de l'arabe, expliqué par des Arabes.
Le statut de Robert de Courçon, en 1 21 5, est un peu plus explicite : Non legantur libri Aristotelis de metaphjsica et naturali philosophia, nec summa de iisdemy autde doctrina Magistri David de Dinant aut Almarici
1. Apud Martène, Thés, novus Anecd., t. IV, p. 166. — Voy. l'excellente discussion de M. Hauréau sur la portée de ces mots de naturali philosophia. [De la phil. scol,, t. Ier, p. 402-410.)
2. Mansi, ad Ann. eccl. Baronii, t. Ier, p. 289 (Lucse, 1757). — Jourdain, p. 193-194. —Hauréau, t. Ier, p. 409-410.
nseretici, aut Mauritii Hispani1. L'expression surnma de iisclem conviendrait très-bien aux abrégés d'Avicenne. Mais quel est ce Maurice Espagnol, dont la doctrine est rapprochée du panthéisme de David et d'Amaury2? Quand on a vu dans les manuscrits le nom d'Averroès? si étrangement défiguré , devenir d'une part Mahuntius (anc. fonds, n° 7052), Me nbutius (anc. fonds, 6949), Mauuicius (Arsenal, se. et arts, 61), de l'autre Avenryz, Benriz, Beuriz, etc., on n'a pas de peine à croire qu'il ait pu devenir Mauritius. Ce n'est là toutefois qu'une conjecture à laquelle il ne faudrait pas attribuer une trop grande probabilité. La bulle de Grégoire IX, de 1231 , ne fait que renouveler avec moins de précision encore les condamnations de \ 209 et 1 21 5 3.
Ce qu'il y a de remarquable dans ces condamnations, c'est que la cause de l'aristotélisme arabe y est toujours identifiée à celle d'Amaury de Bène et de David de Dinant. Le passage souvent cité de Guillaume le Breton , continuateur de Rigord '*, celui de Hugues , continuateur de Robert d'Auxerre, cité par Launoy 5, supposent la même connexité. Faut-il réellement supposer une influence arabe dans l'apparition des sectes hétérodoxes
1 . Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. III, p. 82. — Launoy, De varia Arist. fortuna in Acad. Paris., cap. iv.
2. C'est contre toute vraisemblance qu'on a rapproché ce Mauritius Hispanus du dominicain Maurice , auteur des Distinctiones ad prœdicandum utiles. Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. III, p. 699. — Antonio, Bibl. hisp. vet., t. II, p. 373. — Fabricius, Bibl. med. inf. lat., t. V, p. 57.
3. Launoy, chap. vi. — Du Boulay, t. III, p. 142. — L'Histoire littéraire de la Fr. (t. XVI, p. 100-101) suppose qu'il s'agit expressément des commentaires d'Averroès.