Apud dom Bouquet, t. XVII, p
5. De varia Arist. fort., cap. i. — Cf. Jo. Fr. Buddeum, De hœresibus ex phil. aristotelico-scholastica ortis , in Observât. Ilalens'tbus (1700), t. I, p. 197 et sqq.
qui agitèrent l'école de Paris dans les dernières années du xne siècle et les premières du xme? On ne peut nier l'analogie du réalisme d'Amaury avec celui d'Avicébron. La doctrine de David de Dinant sur la matière première, dénuée de forme, servant de commun substraturn à toutes choses, est bien celle du péripatétisme arabe. On peut croire que ces deux sectaires avaient entre les mains le livre De Causis, déjà connu d'Alain de Lille \ A cela près , Amaury et David ne me semblent qu'un reflet altéré des sectes hétérodoxes comprises sous le nom de Cathares. Quelques-unes de leurs doctrines ont une ressemblance frappante avec celles des hérétiques d'Orléans de 1022, que M. C. Schmidt rattache, sans hésiter, à l'église cathare 2 ; d'autres ne sont que le pur joachimisme; d'autres enfin relèvent évidemment de Scot Erigène3. L'identité de tout le genre humain en Dieu, le Saint-Esprit s'incarnant en chacun de nous, comme le Fils s'est incarné en Marie, Dieu principe matériel de toute chose , quoi de plus semblable aux théories du penseur hibernais? Voilà plus qu'il n'en faut assurément pour se dispenser d'aller chercher chez les Arabes les antécédents d'Amaury et de David , surtout si l'on fait à l'originalité propre d'Amaury la part qu'elle mérite. Le réalisme d'ailleurs en affirmant que les individus d'une même espèce participent à une seule essence, que l'intellect en général existe réellement , devançait la théorie averroïstique de la raison universelle et de l'unité des âmes. Abélard avait aperçu cette conséquence, et il l'avait combattue dans ses Petites Gloses sur Porphyre