‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 125 sur 235 · Jourdain, p · texte numérisé non relu

Jourdain, p

2. Histoire des Cathares ou Albigeois, t. Ier, p. 28; t. II, p. 151, 287

3. Cf. Saint-René Taillandier, Scot Érigène , p. 236. — Hauréau, t. Ier, p. 405.

par le même argument qu'on opposera plus tard à Averroès *. Gilbert de La Porrée niait expressément la personnalité humaine. L'exemple que choisissaient le plus volontiers les réalistes pour expliquer comment une même essence peut être commune à 'plusieurs individus, était celui de Pâme.

C'est dans Alexandre de H aies qu'il faut chercher la première trace tout à fait manifeste de l'influence arabe. Avicenne, Algazel sont cités fréquemment dans sa Somme comme des autorités philosophiques ; Averroès n'y figure encore que d'une manière peu caractérisée. Il est bien reconnu d'ailleurs que cette vaste composition est des dernières années d'Alexandre (de 1243 à 1245), et qu'elle ne fut achevée que vers 1 252 , après sa mort 2. Alexandre n'a dû par conséquent connaître Averroès que dans sa vieillesse, et cette lecture ne semble point avoir influé sur ses doctrines. Les questions relatives à l'intellect ne dépassent pas dans ses écrits les termes mêmes d'Aristote3.

L'influence arabe est aussi très- sensible dans Robert de Lincoln. Roger Bacon le cite comme un des maîtres à qui il a entendu professer la théorie de l'intellect séparé de l'homme4; mais pas plus qu'Alexandre de Halès, Robert ne paraît avoir connu Averroès à l'époque de sa première activité philosophique.

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