‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 129 sur 235 · De Univ., Opp. t. I, p · texte numérisé non relu

De Univ., Opp. t. I, p

« nissime délirasse videbitur evidenter1. » A page suivante, la même doctrine est attribuée à Aristote, Alfarabi et autres ; un peu plus loin 2 , à Alfarabi , Avicenne et à ceux qui ont embrassé sur ce point l'opinion d' Aristote ; ailleurs, on trouve qu'Aristote l'a imaginée pour échapper au monde archétype de Platon3. C'est donc bien réellement Aristote qui, dans la pensée de Guillaume, est responsable de la monstrueuse doctrine de l'unité de l'intellect. Et cette doctrine pourtant, il l'expose avec toutes les particularités qu'Averroès y a ajoutées, et dont on ne trouve aucune trace dans le Traité de l'Ame. Cette intelligence active est la dernïcre en noblesse des intelligences mondaines 4 ; le bonheur de l'âme est dans son union avec elle3; toutes les âmes séparées du corps s'identifient et n'en font plus qu'une seule 6 ; les âmes ne diffèrent que par le corps 7 ; la seule différence des accidents fait la distinction numérique8. Les arguments que Guillaume oppose à cette doctrine sont ceux qu'Albert , saint Thomas et tous les adversaires d'Averroès répéteront à satiété. Elle détruit la personnalité humaine, elle conduit kY imarmene , au fatalisme9; elle rend inexplicable le progrès et la différence des intelligences individuelles. Il y a bien des règles générales de vérité qui s'imposent à tous les esprits ; mais ces principes n'ont aucune réalité

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