‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 132 sur 235 · Ibid.,v · texte numérisé non relu

Ibid.,v

6. Quia defensores hujus hœresis dicunt quod secundumphilosophiam est, licet fides aliud ponat seeundum theologiam. [Ibid. p. 380.)

s'oblige à résoudre le problème uniquement par syllogismes , en faisant abstraction de toute autorité révélée *. Trente arguments militent en faveur de ceux qui pensent que de toutes les âmes humaines il n'en reste qu'une seule après la mort. Avec un scrupule et une impartialité tout à fait dignes d'éloges, Albert énumère l'un après l'autre ces trente arguments. Il pousse même la bonhomie jusqu'à imaginer des preuves à l'appui de la thèse qu'il combat, et à donner aux moyens de ses adversaires une force qu'ils n'avaient pas dans leurs propres écrits. Mais trente-six arguments non moins forts soutiennent la doctrine opposée; dès lors la chose est claire ; l'immortalité individuelle a pour elle une majorité de six arguments. Il paraît cependant que l'averroïsme ne se tint pas pour battu par cette arithmétique. Nous retrouverons le vieil athlète sous les armes quand nous exposerons les luttes de l'averroïsme dans l'Université de Paris, vers l'an 1269.

Dans son opuscule De natura et origine Animée 2, et dans son commentaire sur le IIIe livre de l'Ame (tr. II, cap. vu)3, Albert revient encore sur cette controverse, et cette fois traite ses adversaires avec plus de sévérité. La théorie de l'intellect séparé, éclairant l'homme par irradiation, antérieur à l'individu et survivant à l'individu, lui paraît maintenant une erreur absurde et détestable *,

i. In hac disputatione nihil secundura legem nostram dicemus , sed omnia secundum philosophiam.... tantum ea accipientes quse per syllogismum accipiunt demonstrationem. T. V, p. 218, 226.

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