‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 133 sur 235 · Opp. t. V, f · texte numérisé non relu

Opp. t. V, f

3. Cf. Ibid., tr. II, cap. 20 ; tr. III, cap. ll,sqq. — Summa de creaturis, 1. II, tr. I, qu. 55., art. 3. — Métaph., 1. XI, tr.I, cap. 9. — Isagoge in De anima, cap. 31 (Opp. t. XXI). —Cf. Hauréau , Phil. scol, t. II. p. 69 et suiv.

4 . Error ommnoansnrdus et pessimus et facile improbabi!is(t. V, p. 202).

L'intellect étant la forme de l'homme, si plusieurs individus participaient au même intellect, il s'ensuivrait que plusieurs individus de la même espèce participeraient à la même forme, c'est-à-dire au même principe d'individuation, ce qui est absurde. L'intellect actif n'est donc pas distinct de l'âme, et on ne peut l'en séparer que par abstraction. La raison toutefois est universelle , et Albert s'élève avec force contre les philosophes latins, c'est-à-dire contre les scolastiques contemporains , qui , en exagérant le principe d'individualité , ont été jusqu'à admettre l'existence d'autant d'entendements qu'il y a d'êtres intelligents.

Il faut avouer que la doctrine d'Albert n'offre pas toujours cette fermeté, qui plus tard caractérisera l'école dominicaine. Parfois les doctrines arabes surprennent son orthodoxie. Sa doctrine de la création est chancelante; l'intellect apparaît parfois comme la source d'où émanent les intelligences *} l'influence des êtres supérieurs sur l'intelligence humaine est expressément reconnue. Dans les opuscules groupés au t. XXI de ses œuvres, et qui sont au moins de son école2, la philosophie arabe fait invasion de toutes parts. Au sein de l'intellect actif, l'intelligent et l'intelligible sont identiques. Dans l'intellect passif, au contraire, cette identité n'a lieu que quand l'intelligent se pense lui-même. L'agent tire les espèces de la matière , les rend simples et générales ; ainsi préparées , les espèces meuvent et informent l'intellect possible. L'intellect agent s'unit au possible , comme la lumière au diaphane , et l'élève à la dignité

1. Primum principium, indeficienter fluens, quo intellectus universaliter agens indesinenter est intelligentias emittens (De causa et pvoc. unh., tr. IV, 1). Cf. Ritter, Gtsch. der christ. Phil. IV Th., S. 199, 234.

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