Summa, 1% qusest. 66, art
3. Ibîd., 1% q. 45, art. 5 ; q. 47, art. l;q. 90, art. 1.— Opusc. XV, De substantiis separatis. (Opp. t. XVII, p. 86.)
4. Summa contra gent., 1. I, cap. 50, et le commentaire de François de Ferra re.
mais une sorte d'émanation1. Aristote ne blesse pas la foi en établissant que tout mouvement a besoin d'un sujet mobile; cela est vrai dans Pétat actuel de l'univers. Les anciens philosophes, qui ne considéraient que les changements particuliers et les phénomènes multiples, ne pouvaient envisager le devenir que comme une altération d'un sujet préexistant. Mais Platon et Aristote, qui sont arrivés à la connaissance du premier principe, ont pu concevoir dans l'univers autre chose que mouvement et mutation ; car, au-dessus de l'action et de la réaction des causes secondes, ils ont aperçu l'unité de la cause première. Sans doute, Aristote s'est gravement trompé en soutenant l'éternité du temps et l'éternité du mouvement, mais rien n'autorisait Averroès à conclure de ses principes l'impossibilité de la création ex Jiihilo2. C'est surtout contre la théorie de l'unité de l'intellect que saint Thomas déploie toutes les ressources de sa dialectique. Non content d'y revenir sans cesse dans la Somme théologique , dans la Somme contre les gentils, dans le Commentaire sur le Traite' de VAme , dans les Qusestiones disputâtes de anima, il a composé sur ce sujet l'un de ses opuscules les plus importants, le De Unitate intellectus, adversus Averroïstas1 '. Nous discuterons plus tard quels sont les adversaires que saint Thomas a en vue dans ce traité. Mais les formes de sa polémique nous révèlent suffisamment qu'il en veut à une école organisée , prétendant représenter l'esprit véritable du péripa-
1. Productio universalis entisa Deo non est motus nec mutatio, sed est quœdam simplex emanatio. In VIII Phys. lect. II. (Opp. t. I, p. 106, edit. Venet.)