Hauréau, Phil. scol., t. II, p
lia1, Hervé Nedellec2, combattirent avec non moins d'énergie pour la doctrine thomiste de l'individuation et contre l'unité de l'intellect. Les Questions de Bernard de Trilia sur l'âme ne sont qu'un long programme de questions arabes , toujours résolues en un sens opposé à celui des philosophes infidèles. Durand de Saint-Pourçain , quoique adversaire déclaré du thomisme, combat également la thèse averroïste, comme donnant la main au réalisme3. Henri de Gand luimême , dissident au sein de l'école dominicaine , se montre fort opposé à la théorie de l'agent séparé communiquant la science à l'esprit humain , comme le cachet imprime son type sur la cire. L'intellect est une partie de nous-mêmes. La science est le résultat du travail et de l'expérience4. Dans sa Somme de théologie, dans ses Quodlibeta, il combat à diverses reprises l'intellect commun. Il nous apprend lui-même qu'il fit partie de l'assemblée de théologiens qui eut lieu chez l'évêqueTempier en 4277, et où fut condamné l'averroïsme3.
Dante enfin, qui appartient à tant d'égards à l'école dominicaine , a cru devoir, comme tous les docteurs orthodoxes, porter son coup de lance àAverroès. Stace vient de lui exposer le mystère de la génération6, « Mais comment , ajoute-t-il , le fœtus d'animal devient-il homme ? tu ne le vois pas encore ; c'est ici le point qui a fait errer
1 . Hist. lîtt. de la Fi\, t. XX, p. 137.— Hauréau, t. II, p. 252 et suiv.
2. Jean de Baconthorp [In II Sent. Dist.21,, qusest. l,art. 1) présente ainsi l'argument de Hervé : « Anima intellectiva est forma substantialis liomi- « nis. Sed mulliplicatis principiatis oportet principia intrinseca multi- « plicari; igitur una anima intellectiva non est in omnibus. »