‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 142 sur 235 · Inf., cant. IV, v. 142 et suiv · texte numérisé non relu

Inf., cant. IV, v. 142 et suiv

4. M. Hauréau ayant trouvé ce traité sans nom d'auteur, dans le tus. 694 de Sorbonne, en a publié des fragments [Phil. scol. I, p. 363 et suiv.). J'ai depuis reconnu qu'il appartient à Gilles de Rome, qu'il a été imprimé sous son nom à Vienne, en 1482, et inséré par Possevin dans sa Bibliotlieca selecta, t. II, 1. XII, cap. 34 sqq. Néanmoins l'édition primitive étant introuvable , et la reproduction de Possevin n'étant ni intégrale , ni conforme à notre manuscrit, je publierai d'après le manuscrit de la Sorbonne, l'article relatif à Averroès. (Appendice II.)

Pour Gilles de Rome, Averroès est déjà le contempteur des trois religions, et le premier auteur de cette doctrine que toutes les religions sont fausses, bien qu'elles puissent être utiles. Son exposition des opinions d'Averroès est du reste conçue à un point de vue assez personnel. Gilles s'est contenté de lire la plume à la main le commentaire sur le XIIe livre de la Métaphysique , et de mettre bout à bout les propositions qu'il ne comprenait pas ou qui sonnaient mal à ses oreilles.

On trouve en outre parmi les œuvres de Gilles de Rome un grand nombre de traités dirigés spécialement contre chacune des erreurs averroïstiques : De matériel cœli, contra Averroem. — De intellectu possïbili qusestio aurea contra Averoym (Padoue, \ 493, et Yenise, 1 500), etc. 1 Gilles a recueilli ces différentes thèses dans ses Quodlibeta. L'article consacré dans cet ouvrage à la question de l'unité de l'intellect2, a eu une certaine importance dans l'histoire de l'averroïsme , en ce qu'il a défrayé pendant longtemps ceux qui ont parlé de la vie et des doctrines d'Averroès. Leibniz lui-même ne paraît avoir connu Averroès que par ce passage. Il cite presque textuellement le raisonnement que le théologien augustin attribue ici au commentateur3 : le monde étant éternel, s'il fallait attribuer à chaque homme un intellect individuel , il y aurait eu depuis l'origine un nombre infini d'intelligences ; et si l'on admettait que ces intelligences sont

1. Cf. Ossinger, Bibl. Augustinianorum (Ingolstadt, 1768). — Hain, Répert. bîbliogr. t. Ier, part. I, p. 15 et suiv.

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