‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 143 sur 235 · Qaodl. II,quœst. 20, p. 101-102. (Louvain · texte numérisé non relu

Qaodl. II,quœst. 20, p. 101-102. (Louvain

3. Opp. t. I, p. 70 (édit. Dutens). Gerson a répété ce raisonnement (Tract. 9, super Magnificat. Opp. t. IV, p. 402. Antv. 1706). C'est également d'après Gilles de Rome qu'on a cité l'hyperbole d'Averroès : Quod Âristoteles fuit régula in natura , in quo scilicet natura ostenderit suum posse.

immortelles , on serait amené à poser V infini en acte, ce qui implique contradiction. Tout en soutenant qu'Aristote a reconnu l'individualité de l'intellect, Gilles de Rome avoue qu'il n'a pas suffisamment répondu à cette difficulté. Après tout, il était homme, il n'a peut-être pas vu toutes les conséquences qui sortaient de ses principes. Mais son commentateur Averroès, qui a vécu dans un siècle où la foi chrétienne était répandue, puisqu'on a vu ses fils à la cour de l'empereur Frédéric, aurait bien dû apercevoir l'inconvenance de cette doctrine1. Nous démontrerons plus tard que Gilles de Rome ou son interpolateur a recueilli un faux bruit, relativement au séjour des fils d'Averroès à la cour des Hohenstaufen. Gilles ne repousse pas moins énergiquement la théorie de Y union, dans les termes où l'avait posée le commentateur2. L'homme ne peut ici-bas comprendre les substances séparées. En effet, l'intellect ne peut dépasser les espèces sensibles. Or, il n'y a pas d'espèces pour les substances séparées. Nous sommes à leur égard comme l'aveugle à l'égard des couleurs, avec cette différence pourtant que nous savons qu'elles sont, en ignorant leur quiddité, et que nous pouvons en syllogiser, au lieu que

î . Forte ista inconvenientia philosophus non prsevidit. Ipse enim fuit liomo, nec oportet quocl prseviderit omnia inconvenientia quse possent accidere ex positionibus suis ; imo est vaide probabile quod istud inconveniens non viderit de infinitate intellectuum. Nam commentator ejus Averroès (fîlii cujus dicuntur fuisse cum imperatore Frederico, qui temporibus nostris obiit, unde constat fuisse tempore quo fides cliristiana erat valde dilatata, et quo constat quod apud christianos esset solemnis mentio de statu aniinarum separatarum), Averrois, inquam, debuit videre hoc inconveniens. Et tamen ipse commentator fuit hujus opinionis assertor quod esset unus intellectus. Aristotelis vero temporibus non erat ea solemnis mentio de statu animarum separatarum. (Op. cit., p. 102.)

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