Ritter, Gesch. der Christ. PhiL, IV Th. S
2. Publié dans B. J. Docen, Miscellaneen zur Gesch. der teutschen Literutur. (Munich, 1809, p. 138 et suiv.)
3. Scimus enim quod temporibus nostris Parisiis diu fuit contradictum naturali philosophise et metaphysicœ Aristotelis, per Avicennse et Averrois expositiones, et ob densam ignorantiam fuerunt libri eorum excommunicati, etutentes eisper tempora satis longa. {Opus Majus\ p. 14.) Bacon écrivait ceci en 1267, par conséquent avant la condamnation de 1269, où l'averroïsme est, pour la première fois, nommément désigné.
4 . Errores Parisiis condemnati, ad calcem Sentent. Petri Lombardi. — BihL Max. Patrum, t. XXV, p. 329 sqq.
5. Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. III, p. 397. — Crevier, Hist. de F Univ. de Paris, t. II, p. W.—BibL Max. Patrum, t, XXV, p. 351 et suiv.
primus homo. — Quod anima, quœ est forma hominis? secundum quod homo, corrumpitur corrupto corpore. — Quod Deus non cognoscit singularia. — Quod humani actus non reguntur providentia divina. — Quod Deus non potest dare immortalitatem vel incorruptionem rei corruptibili vel mortali. »
Voilà les doctrines hardies qui s'agitaient à Paris au milieu du xme siècle, et pour qu'aucun doute ne reste sur leur origine, quelques manuscrits nous présentent les censures d'Etienne Tempier jointes aux œuvres d'Averroès, comme le remède à côté du mal1. Toute condamnation dans l'histoire ecclésiastique suppose une erreur professée, de même que toute mesure de réforme suppose un relâchement. Il faut donc penser que, vers le milieu du xme siècle, la foi de plusieurs fut ébranlée dans l'Université de Paris, et que les scandaleuses propositions de l'averroïsme trouvèrent de l'écho chez quelques maîtres. On peut même affirmer que les opuscules d'Albert et de saint Thomas Contra Averroistas étaient personnellement dirigés contre les professeurs de la rue du Fouarre, et concoururent avec les condamnations de 12692. Aucun doute n'est permis à cet égard, quand nous voyons un frère prêcheur de Paris, nommé Gilles, peut-être Gilles de Lessines, adresser vers cette époque au vieil Albert, retiré de la lutte, onze propositions averroïstes , professées par les maîtres de l'Université , et presque identiques à celles qui avaient été condamnées3.
1. Ainsi le n° 33 de la Bibl. de l'Éc. de médecine de Montpellier.
2. Idem error Averrois iterum pullulavit Parisiis post mortem Alexandri papa, ita ut magni doctores ibidem contra Averroistas frequentius disputarent : quorum disputatio per Alberti sententiam robur accepit, licet absens esset corpore. Petrus de Prussia , Vita Alb. Magni, p. 239. (Antv. 1621.)
3. Venerabili in Christo.... Articulos quos in scliolis proponunt ma-
Albert écrit contre ces propositions un traité spécial, Liber determinatw us adParisienses, maintenant perdu, mais que Pierre de Prusse , son biographe , avait entre les mains et dont il donne les premiers mots1. On ne peut douter également que le traité de saint Thomas Contra Averroistas, ne soit dirigé contre les mêmes adversaires. Guillaume de Tocco, son biographe, le dit expressément : « Quem errorem , dit-il en parlant de la doctrine de l'unité des âmes, quum essent schoîares Golardise imitantes , qui Averrois erant communiter sectantes , poterat praedictus error plures inficere, quibus potuissent praedictum errorem sophisticis rationibus persuadere2. » Quétif et Echarcl font observer avec raison qu'il faut lire dans ce texte Garlandise au lieu de Golardiœ. Les mêmes bibliographes nous apprennent que l'opuscule de saint Thomas porte quelquefois pour titre Contra Averroistas Parisienses3. Une liste des livres du couvent de sainte Catherine, de Pise , presque contemporaine de saint Thomas, attribue au docteur angélique un Liber contra Magistros Parisiense$\ 11 est très-possible , à la vérité , que ce livre ne soit autre chose que l'un des écrits de circonstance que saint Thomas publia dans la lutte des Mendiants et de l'Université, par
gisîri Parisus, qui in philo.sopliia majores reputantur, vestrse Paternitatij tanquam vero intellectuilluminato, transmittere dignum duxi, ut eus jam in multis congrcgationibus impugnatos, vos otio vestri imperii terminetis, Primus est quod intellectus omnium hominum est anus et idem numéro, etc. (Ibld.)
1. Ibid. 239-40, 293 Quétif et Echard,I, 179, 180, 372. — fflst. (ht. djlaFr.,t.XIX, p. 350.