Recueil de* hist, des Gaules et de la Fr., t. XX, p
L'Italie participait comme la France à ce grand ébranlement des consciences. La proximité de l'antiquité païenne y avait laissé un levain dangereux de révolte contre le christianisme. Au commencement du xie siècle, on avait vu un certain Vilgard , maître d'école à Ravenne f déclarer que tout ce que disaient les poëtes anciens était la vérité, et que c'était là ce qu'il fallait croire de préférence aux mystères chrétiens *. Dès l'an 1115, on trouve à Florence une faction d'épicuriens assez forte pour y provoquer des troubles sanglants 2. Les gibelins passaient généralement pour matérialistes et gens sans religion. Arnaud de Bresse traduisait déjà en mouvement politique la révolte philosophique et religieuse. Aniauld de Villeneuve passait pour l'adepte d'une secte pythagoricienne répandue dans toute l'Italie. Le poëme de la Descente de saint Paul aux enfers parle avec terreur d'une société secrète qui avait juré la destruction du christianisme3. Les épicuriens, enfermés vivants dans des cercueils, occupent un cercle spécial dans l'Enfer de Dante. Cavalcante des Cavalcanti , Farinata des Uberti 4 y figurent avec Frédéric II , le cardinal Ubaldini et des milliers d'autres5. Guido Cavalcanti lui-même passait