De sut ipsius et mult, ignor., Opp. t. II, p
le père de toute la scolastique et le seul commentateur que le moyen âge ait connu1. Quand Louis XI entreprend, en 1 473, de régler l'enseignement philosophique, la doctrine qu'il recommande est celle & Aristote et de son commentateur Averroès , reconnue depuis longtemps pour saine et assurée9-. Dans une lettre datée d'Haïti (octobre 1498), Christophe Colomb nomme Avenruyz, d'après une citation de Pierre d'Ailly, comme un des auteurs qui lui ont fait deviner l'existence du Nouveau Monde3.
On a pu remarquer qu'au xme siècle ce n'est pas sans quelque peine que nous avons reconnu les averroïstes. Les réfutations de l'école dominicaine, les fureurs de Raymond Lulle nous ont seules révélé leur existence. Il serait impossible de désigner nommément un seul des maîtres qui avouaient ces doctrines. Il n'en est plus de même au xive siècle. Nous y trouvons une école qui porte bien décidément pour drapeau le nom d'Averroès ; ce groupe philosophique, qu'on doit envisager comme l'antécédent naturel de l'école de Padoue, présente des caractères suffisamment arrêtés : substitution du Commentaire d'Averroès comme texte des leçons aux traités d'Aristote ; innombrables questions sur l'âme et sur l'intellect; manière abstraite, pédante, inintelligible4.
i. Discuss. Peripat., t. Ier, 1. XIII, p. 106. (Venet., 1571.)
2. Statuimus et edicimus quod Aristotelis doctrina ejusque commentatoris Averroys.... aliorumque realium doctorum , quorum doctrina retroactis temporibus sana securaque comperta est, tam in sacrœ theologiaa quam artium facultatibus, deinceps more consueto legatur, doceatur, dogmatizetur, discatur et intimetur. — Ordonn. des rois de France, t. XVII, p. 610. — Cf. du Boulay, t. V, p. 708.
3. Navarete, Coîeccion de viages y descubrimientos , t. Ier, p. 261. (Madrid, 1825.)
4. C'est cette école que Patrizzi avait en rue quand U parle ainsi de la
Le carme Jean de Baconthorp (mort en 1 346), est le personnage le plus marquant de cette école. Son nom paraît toujours accompagné de l'épithète de prince des averroïstes*. Baconthorp fut provincial des carmes en Angleterre, et devint le docteur de son ordre, comme saint Thomas était celui des dominicains, Duns Scot, celui des franciscains, Gilles de Rome, celui des augustins. Par lui Taverroïsme devint traditionnel dans l'école des carmes. Nous voyons en effet que, dans les premières années du xviue siècle, un religieux de cet ordre, Joseph Zagaglia de Ferrare, eut l'idée de renouveler la méthode de Baconthorp, et de l'appliquer à la théologie2, Baconthorp, du reste, cherche moins à soutenir les doctrines hétérodoxes de l'averroïsme qu'à en pallier l'hétérodoxie. Il rejette l'unité de l'intellect, mais après avoir montré préalablement combien les arguments de saint Thomas et de Hervé Nedellec sont peu concluants contre le vrai sentiment d'Averroès. Averroès n'a pas prétendu établir comme vraie et démontrée une hypothèse qui serait en contradiction avec ses propres principes. Ce n'a été de sa part qu'une fiction, un exercice de logique, une thèse proposée à la discussion et susceptible de mettre en lumière d'autres vérités8. Les théories
seconde génération des docteurs scolastiques : u Ingens ab his philosophorum numerus ac successio manayit , quse in Aven Roicis hypothesibushabitavit.... Inde dubitationum ac quaestionum sexcentorum millium numerus manavit. » (Discuss, Perip.t t. Ier, 1. XIII, p. 106. Venet., 1571.)
1. Averroîstarum princeps dictus. Bibliotheca canneîitana (Aurelianis, 1752), col. 743. — Omnes Averrois sententias mordicus tenuit, et illius scholœ suo tempore quasi princeps baberi voluit. (Pits, De M. Angl. script., p. 451. — Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. IV, p. 995. — Naudé, Apologie des grands hommes, p. 496. Paris, 1625.)