‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 171 sur 235 · Concil. controv., f. 15. (Venet., 156o · texte numérisé non relu

Concil. controv., f. 15. (Venet., 156o

2 . Sa pierre sépulcrale se voit pourtant aux Ermites , avec cette inscription : Pétri Aponi cineres. Ob. ann. 1315. cet. 66.

3. Nec aliter medico philosophandum putabant, quam Averrois et Avicennae doctrina. Facciolati, Fasti Gjmnasii Patav'mi, Ia pars, p. xlix. — Tiraboschi., t. V, 1. II, cap. n, § 2 sqq.

4. L'astrologie se rattachait de fort près à l'esprit arabe. On croyait cependant à cette époque qu'Averroès avait combattu les prétentions de cette science imaginaire. « Dicam ergo cum Averroe : Astrologia nostri temporis nulla est. Sed statim dicit astrologus (scil. Petrus Aponus) : Averroes non scivit astrologiam; sed astra non mentiuntur. » Benvenuto d'Imola ad Inf. cant. XX, apud Muratori, Antiq., t. III, col. 947.

d'astrologie, et à assister tous les dimanches au sermon dans l'église des dominicains, parce qu'il avait mal parlé contre la foi1. Le tour d'esprit positif et enclin au matérialisme, qui domine dans l'Italie du nord, se dévoile, les esprits forts se multiplient , et ici , comme partout , cherchent à se couvrir du nom d'Averroès. Mais les formes un peu roides du péripatétisme et la barharie de l'école arabe firent tomber les averroïstes dans une morgue pédante , qui ne pouvait manquer de déplaire aux esprits plus cultivés de la Toscane. L'instinct si délicat de Pétrarque saisit cette nuance avec une finesse admirable : l'antipathie pour l'averroïsme médical est un des traits essentiels de sa vie, et une des plus agréables boutades de ce charmant esprit.

S ni.

Pétrarque mérite d'être appelé le premier homme moderne, en ce sens qu'il inaugura chez les Latins le sentiment délicat de la culture antique, source de toute notre civilisation. Le moyen âge, à diverses reprises, avait bien cherché à renouer le fil rompu , et à se rattacher à la tradition classique. Mais le moyen âge, malgré son admiration pour l'antiquité, ne la comprit jamais dans ce qu'elle a de vivant et de fécond. Pétrarque, au contraire, fut véritablement un ancien. Le premier, il eut la conscience de ce je ne sais quoi de noble, de généreux , de libéral , qui avait disparu du monde depuis le triomphe de la barbarie. Pétrarque devait, par conséquent , détester le moyen âge et tout ce qui s'y rattachait. Or la science arabe lui apparaissait comme un reste de la pédanterie de cette époque. Tandis que les sources

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