‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 176 sur 235 · In 1. II De anima, cap. i, quœst. 7, art. 1, p · texte numérisé non relu

In 1. II De anima, cap. i, quœst. 7, art. 1, p

même matière que le monde sublunaire, ne tient sa nécessité que dune cause extérieure. Dans ses Questions sur le traité de l'Ame , il se contente de présenter, avec beaucoup de subtilité, le pour et le contre sur les questions averroïstiques de l'intellect1: L'intellect agent existe-t-il nécessairement? L'intellect agent fait-il partie de l'âme humaine? L'intellect possible comprend-il toujours l'intellect actif d'une même intellection ? Sur la question capitale : L'intellect est-il unique dans tous les hommes? il a peine à se décider entre les raisons opposées. Oui, car s'il y avait plusieurs intellects, la raison d'un homme ne serait pas celle de l'autre; oui, car dans cette hypothèse l'intellect serait individualisé par le corps ; or, il est absurde qu'une substance qui existe avant d'être unie au corps soit individualisée par le corps. "Non , car les mêmes raisons prouveraient que l'intelligence est identique chez tous, ce qui est absurde. Non , car l'intellect étant la première perfection de l'homme , le moi serait constitué individu par ce qui fait l'essence d'un autre2. Non, car il suivrait de là qu'un même sujet peut soutenir des modifications contraires. Non, car l'intellect étant éternel, et l'espèce humaine étant éternelle, l'intellect serait déjà parfait et plein d'espèces intelligibles3. « Pour moi, dit-il, quoique l'opinion du commentateur et d'Aristote soit expresse, et que cette opinion ne puisse être réfutée par des raisons démonstratives, je pense que l'intellect n'est point unique, et qu il y a autant d'in-

i. Je cite d'après le ms. de Saint-Marc , classis VI, n° 101, et 381 de Saint-Antoine de Padoue.

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