Gesch. der Phïl. t. IX, p
3. Totus fere terrarum orbis a Peripateticis occupatus in duas plurimum sectas clivisus est, Alexandrinam et Averroicam. llli quidern intellectum nostrum esse mortalem existimant, hi vero unicum esse contendunt : utrique religionein omnem funditus aeque tollunt, prsesertim quia divinam circa homines providentiara negare videutur, et utrobique a suo etiam Aristotele defecisse. (Prœf. in Plot.) — Cf. Pic. Mirand. Apologia,
le problème autour duquel s'agitait l'esprit philosophique en Italie , et quand les élèves d'une université voulaient apprécier, dès la première leçon, les doctrines d'un professeur , ils lui criaient : « Parlez-nous de l'âme1. » Le grand ébranlement que la conscience morale avait reçu du spectacle du monde politique au xvie siècle, avait tourné de ce côté l'anxiété des esprits. Les averroïstes sauvaient les apparences en soutenant que l'intellect après la mort retourne en Dieu , et y perd son individualité. Pomponat embrassa l'opinion d'Alexandre, qui niait purement et simplement l'immortalité. Dans son livre De Immortalitate animœ, affectant le ton respectueux de l'orthodoxie , il combat l'averroïsme comme une erreur monstrueuse, justement réprouvée par saint Thomas2, et bien éloignée de la pensée d'Aristote. L'unité des âmes lui semble une fiction absurde, un non-sens (Jigmentum maximum et inintelligibile, monstrum ab Averroe excogitatwn). Le Napolitain Simon Porta , élève de Pomponat , qui écrivit , à l'exemple de son maître, contre l'immortalité, comme lui aussi , attaqua très-vivement les averroïstes, leur reprochant de réduire la connaissance au souvenir, et de supposer l'intelligence de l'enfant aussi parfaite que celle de l'homme ; exactement ce que l'école de Locke reprochait aux idées innées de Descartes 3. Enfin , nous verrons bientôt le soin de réfuter Pomponat, confié par LéonX
1 Chr. Bartholmess, art. Pomponace, dans le Dict. des se. phil., p. 164,
2. Tarn luculenter, tam subtiliter adversus banc opinionem sanctus doctor invehitur, ut, sententia mea, nihil intactum , nullamque responsionem, quam quis pro Averroe adducere potest, impugnatam relinquat ; totum enim impugnat, dissipât et annihilât, nullumque averroistis refugium relictum est, nisi convitia et maledicta in divinum et sanctum virum. (De Immort. anim. p. 8 et 9.)