‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 186 sur 235 · Poli, Supplimenti, p. SS1 etsuiv · texte numérisé non relu

Poli, Supplimenti, p. SS1 etsuiv

à l'averroïste Niphus. Ainsi, par un étrange renversement de rôles , les averroïstes qui , jusqu'ici , ont représenté la négation de la personnalité humaine , deviennent un moment contre Pomponat , les défenseurs de l'immortalité et les soutiens de l'orthodoxie. Comparé au matérialisme absolu des alexandristes , l'averroïsme représentait, en effet, un certain spiritualisme. La théorie de l'intellect actif, en maintenant l'origine supérieure et la réalité objective de la connaissance, écartait les hypothèses sensualistes. Aussi vit-on , vers le milieu du xvie siècle, un partisan de la table rase, Vito Piza , dans son livre De dwino ethumano Intellectu (Padoue, 1 555) combattre énergiquement l'averroïsme, au nom de

empirisme

C'est donc par erreur que l'on a rangé Pierre Pomponat et Simon Porta parmi les averroïstes , et que l'on a voulu rattacher leur doctrine sur l'immortalité à celle d'Averroès ,' puisque, au contraire, Pomponat n'en appela à l'autorité d'Alexandre que pour faire pièce aux averroïstes2. Toutefois, cette confusion, que Bayle et Brucker ont justement relevée , n'était pas sans quelque fondement. La philosophie italienne , se dégageant des discussions abstraites du moyen âge , en était venue à se résumer dans quelques questions d'un matérialisme fort simple : que l'immortalité de l'âme a été inventée par les législateurs pour maintenir le peuple; que le premier homme s'est formé par des causes naturelles ; que les effets miraculeux ne sont que des impostures ou des illu-

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