In Phys., f. 45 y0 et
2. Averrois sectatores qui nostro hoc sevo adhuc spirant , inter quos unus et caput est Suessanus,,.. etc. (Ant. Brasavola, hiDesubst, orhis, ms, bibl. Ferrais, n° 30-4, p. 407.)
3. H. Ritter, Geseh. derneuem Phi!., I Th., S. 381 f.— Cf. Comment, in Destr. Destr. f. 60, 64, 177 v°, 211 (édit. 1560).
4. Quum barbarus sit, Graecorum mentem ad plénum intelligere non potuit.... sed quia nostro tempore famosus est, ita ut nullus videatur peripateticus nlsi Averroïcus, cogor ipsum exponere. Adest prœterea rogatus nostrarum scholarum , cui non parère difficile videtur. {Philos ophorum hac nostra tempestate monarchœ , Augustinï Niplù Suessani, In duoclecimum Metoph., f. 2 etproœm. Venet. 1518.)
5. Hic ex Greecis enarratoribus perinde atque ex optimis fontibus phi-
et se montre impitoyable pour ses détracteurs1. Ce serait peine perdue que de chercher à concilier ces différences, et Niphus serait sans doute le premier à en sourire.
Six.
L'averroïsme inoffensif de Niphus fut pendant tout le xvie siècle l'enseignement officiel de Padoue. Le mot d'averroïsme ne représentait plus une doctrine, mais la confiance accordée au Grand Commentaire dans l'interprétation d'Aristote. Or, bien loin que les théologiens fussent contraires à cet enseignement, il y avait en cela un respect de l'autorité et des textes consacrés, qui devait leur plaire. C'étaient les novateurs en philosophie et en littérature qui s'irritaient de cette routine et de cette barbarie. Les hommes les plus catholiques voulaient être appelés averroïstes en ce sens 2, J'ai vu à Rome, au couvent de la Chiesa Nuova, dans une armoire contenant les livres qui ont appartenu à saint Philippe de Neri , et que l'on garde comme reliques, un bel exemplaire manuscrit d'Averroès. L'Eglise approuvait hautement l'étude d'Aristote ; le cardinal Pallavicini allait jusqu'à dire que sans Aristote l'Eglise aurait manqué de quelques-uns de ses dogmes. Or, Averroès était, de l'aveu général, le meilleur interprète d'Aristote. L'ccùtoç ecpa des disciples de Pythagore, dit un contemporain, n'a rien qui doive nous étonner, puisque de nos jours nous voyons
losophiam visus est non tam hausisse quam expressisse ; qua e re solus commentatoris nomen sibi comparavit. Dii immortales ! quantum est bonos sequi authores. [In Phys. auscult., prsef.)
\. Quidem Averromastici, quorum studium potissimum est in repreliendendo Averroe. (Ibid., f. 51 v°, 53 v°.)
2. Viros catholicos se et esse et dici velle averroistas, dit le cardinal Tolet. (Apud Bruckerum, t. VI, p. 710.)
tout ce que dit Averroès passer pour axiome aux yeux cîe ceux qui philosophent \ Les titres les plus splendides lui étaient prodigués : Solertissimus peripateticw disciplinée interpres. — Altividus aristotelicorum vestigator penetralium. — Magnus Averroès, philosophas consummatissimus . — Primarhis rerum aristotelicarum commentator .
Marc-Antoine Zimara, de San Pietro, au royaume de Naples, se fit une grande réputation dans les écoles, par les soins dont il entoura le texte d' Averroès. Ses Solutions des contradictions d'Aristote et d' Averroès, ses Index , ses concordances, ses annotations marginales, ses analyses , devinrent ? comme les travaux de Niphus, des parties intégrantes de toutes les éditions d'Averroès. Averroès subissait dans l'école de Padoue le sort de tous les maîtres classiques. Au texte de ses œuvres on préférait des résumés contemporains, plus maniables, plus usuels.
La subtilité et la sécheresse sont les défauts communs de tous les averroïstes. Mais nul , il faut le dire , ne les a portés aussi loin que Zimara. Cette barbarie commençait à fatiguer, même à Padoue. Déjà nous avons vu la faveur publique abandonner le pédant Acliillini et se porter sur Pomponat. Zimara éprouva la même disgrâce. 11 devint ridicule et insupportable aux élèves, et ne put enseigner que trois ans 2. Bembo, dans une lettre datée
t. Prœf. Junt. (edit. 1553) f. 3 v°, 6 v°, 12. Cur omnibus bene philosopliantibus viris adyersabimur, qui tantum uno ore Averroi tribuunt, ut neminem qui non averroîsta sit bonum unquam fore philosophum pra> dicent,... nec quemquam prorsus philosophum putent qui liuic audeat contradicere. — Cf. Mantinum, prsef. in libr. De Part, et gêner, anim. — L. Vivem, Decausis corr. art., 1. V, Opp. t. T, p. 410. (Bâle, 1555.)