‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 200 sur 235 · Cf. Antonio, Ilibl. hisp. velus, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Antonio, Ilibl. hisp. velus, t. II, p

crement réussi. Dès le commencement duxvie siècle, on se mit à faire de nouvelles traductions latines sur les traductions hébraïques. Il faut se rappeler que les manuscrits arabes d'Averroès alors comme aujourd'hui étaient excessivement rares , et que les arabisants ne Tétaient guère moins, tandis que les traducteurs juifs abondaient. Àvicenne eut le même sort : traduit d'abord de l'arabe par Gérard de Crémone, il le fut ensuite de l'hébreu par Mantino , André Alpago de Bellune, Jean Cinq-Arbres, etc. Il faut pourtant avouer que le but qu'on se proposait ne fut pas atteint , et que ces nouvelles traductions faites de l'hébreu sont plus barbares et plus obscures encore que celles du xnie siècle \

Ces versions nouvelles circulaient depuis longtemps manuscrites, lorsque les Juntes formèrent le plan d'une grande édition complète d'Averroès, dont ils confièrent le soin a Jean-Baptiste Bagolini de Vérone, connu à Padoue comme philosophe 2, et à Venise comme médecin. Une part très-large y fut faite aux traductions nouvelles ; les anciennes versions furent conservées pour quelques traités , comme les commentaires sur la Physique , le traité du Ciel, la Métaphysique, la Morale à Nicomaque. Quelquefois, comme pour certaines parties importantes du traité de l'Ame, les deux versions furent imprimées parallèlement sur deux colonnes. Souvent les textes anciens et les versions nouvelles furent corrigés l'un par l'autre. Quelques paraphrases restées jusque-là inédites furent traduites pour la première fois. Les notes marginales de Zimara furent maintenues; une classification

1. Cf. Possevini Blbl. selcct., t. II, 1. XII, cap. 16 et 18.— Richard Simon, Suppl. à Léon de Modène, p. 12i (Paris, 1710).

2. Cf. Facciolati, IIP pars, p. 302. — Maffei, Vercna illustr., parte IIa, col. 163-169 (Verona, 1732).

meilleure fut établie ; les paraphrases et les commentaires moyens furent divisés et placés après les textes. Bagolini déploya un grand zèle dans ce travail, et mérita de ses contemporains ce suprême éloge :

Tant uni et Aristoteles Bagolino et Corduba debent, Quantum humus agricolse débet operta rubis ' .

Il mourut de fatigue avant l'achèvement de son œuvre. Marc Oddo présida à la publication, qui eut lieu dans les années 1552-1553.

Le juif Jacob Mantino, né à Tortose, en Espagne, et médecin de Paul IIP, fut le plus laborieux des traducteurs qui entreprirent, au xvie siècle, de réformer le texte d'Averroès d'après l'hébreu. Il revit à lui seul presque tous les commentaires. Bagolini prit dans ses papiers les parties qu'il jugea convenables , et négligea le reste. On va voir, en effet, que les travaux de ces nouveaux interprètes faisaient souvent double emploi, et que le même ouvrage se trouvait traduit de plusieurs côtés à la fois.

Abraham de Balmès , né à Lecce , au royaume de Naples , et médecin à Padoue , assez connu parmi les juifs comme grammairien , s'attacha surtout aux œuvres logiques d'Averroès, à la Rhétorique et à la Poétique3. Bagolini se servit de ses versions pour corriger celles de Mantino, et les préféra pour les Topiques, les Arguments Sophistiques, la Rhétorique, le De Substantiel orùis\

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