‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 21 sur 235 · Gayangos, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Gayangos, t. Ier, p

nité du monde et l'anéantissement de l'individu. Le peuple, l'ayant appris, déterra ses cendres et les profana1.

Il ne faut donc pas chercher à' averroïsme proprement dit chez les musulmans2, d'une part, parce qu'Ibn- Roschd n'avait pas à leurs yeux la même originalité qu'aux yeux des scolastiques , qui le voyaient isolé de ses antécédents; de l'autre, parce que les études philosophiques tombent après lui dans un complet discrédit. La vraie postérité dlbn-Roschd et la continuation immédiate de la philosophie arabe se retrouvera chez les juifs, dans l'école de Moïse Maimonide. Or, cette doctrine de Maimonide est jugée fort sévèrement par les musulmans. L'orthodoxe Makrizi dit que Moïse Maimonide fit de ses coreligionnaires de vrais athées, des moattil , et qu'il n'y a pas de secte qui s'écarte davantage des religions divines établies par le ministère des prophètes3. Moattil est le participe du verbe attala^ qui signifie dépouiller une femme de son collier , faire le vide. Le moattil est celui qui enlève à Dieu ses attributs, qui fait le vide en Dieu , le déclare inaccessible à l'intelligence et étranger au gouvernement de l'univers4. C'est la nuance par laquelle le péripatétisme confine au panthéisme; et c'est, en effet, la doctrine à laquelle s'est attaché plus tard le nom d'Averroès.

Page 1