Voy. ci-dessus, p
« rent. Multi te non legerant, alienum judicium sunt sert cuti ; aliquibus propter impietates fuisti gratus : nam « et Aben Rois doctrina et Metaphysica Àvicennae , denier que omnia illa arabica videntur mihi resipere delira- « menta Alcorani et blasphémas Mahumetis insanias : ni- « hil fieri potest illis indoctius, insulsius, frigidius... . »
J'ai tenu à citer cette longue déclamation, pour faire comprendre à quel ton s'élevait la colère des ennemis d'Averroès. Cœlius Rhodiginus n'est guère moins sévère1. Bernard Navagero qui cultivait les bonnes lettres, et faisait quelque cas d'Averroès, est présenté comme un phénomène littéraire en son siècle 2.
Enfin les esprits modérés qui , effrayés des hardiesses du péripatétisme italien , se rattachaient aux principes du christianisme réformé, Mélanchthon, Nicolas Taurel, se montraient aussi fort antipathiques à l'enseignement averroïste3, Erasme est convaincu de la profonde impiété d'Averroès. Ambrogio Leone , professeur à l'université de Naples, lui écrit qu'il vient d'achever l'impression de son ouvrage en quarante-six livres contre le Commentateur4. Erasme le félicite. TJtinam , s'écrie t-il, prodisset ingens illucl opus adversus Averroem impium xon rpiç */.a7apa7ov 3! En général, les humanistes montrèrent à la renaissance moins de témérité d'esprit que les péripatéticiens scolastiques. A part quelques habitudes païennes , assez inoffensives , ils restèrent , pour
i. Antiquœ Lecl., 1. III, cap. n, p. 110.