Epist. 15 oct. 1519. lùid., col
le fond , attaches à l'orthodoxie catholique ou protestante. Pétrarque offre déjà un curieux exemple de cette double tendance.
S xiv.
Etrange ténacité de la routine ! cet enseignement barbare, inintelligible, devenu ridicule, se prolonge un siècle encore , au milieu de l'Italie lettrée et de l'esprit moderne déjà triomphant. Averroès, il est vrai, ne règne plus d'une manière aussi exclusive ; les moyens herméneutiques s'étendent , et l'autorité des Grecs contre-balance de plus en plus celle des Arabes *. Mais les questions averroïstiques agitent toujours l'école , et servent de programme à l'enseignement. De \ 564 à \ 589, Jacques Zabarella continua les traditions de la chaire de Padoue 2. Averroès est son guide dans l'interprétation des passages difficiles ; il le cite avec le plus profond respect , bien que sur plusieurs points il semble se rapprocher des alexandristes. Il pense avec Averroès et Achillini, contre Avicenne, que la nécessité d'un être absolu ne démontre pas l'existence de Dieu, que le ciel pourrait être ce premier principe , qu'il n'y a qu'une seule preuve décisive de l'existence de Dieu , le mouvement du ciel. Zabarella du reste distingue assez souvent
il Inde cœptum aliud mixtionis in philosophando genus , uti Aven Rois et Latinis grsecos interprètes admiscerent. (Patrizzi, Discuss. perip.y 1. XII, p. 106.)
2. Quelle fut ma surprise en parcourant à Padoue une rue déserte, et en gravissant les marches de la petite église Sainte-Catherine del Torresin, formée de pierres sépulcrales, de lire sur une de ces pierres brisée obliquement : Jacobo Zabarel. .. civilis elec... probitat..., et..., Ludo. ...-—Tqmasini (I, p. 139) nous apprend en effet que Zabarella fut enterré dans cette église; mais il n'avait pu y découvrir son inscription : Nulla, quod observare potuerim, memoria clarus.
entre l'opinion d'Averroès et celle de ses partisans. En psychologie , il combat vivement les thèses averroïstes. Suivant l'hypothèse de l'unité des âmes, dit-il, l'intellect ne serait dans l'homme que comme le pilote dans le navire. Or l'intellect est la forme informante de l'homme, ce par quoi l'homme est ce qu'il est. L'intellect se multiplie donc selon le nombre des corps. Toutefois Zabarella , conformément à la doctrine de saint Thomas d'Aquin , établit une différence entre l'activité propre de l'esprit et l'intellect actif proprement dit, qui est l'intelligible ou Dieu envisagé comme moteur universel. Si l'on objecte à Zabarella qu'il détruit ainsi la personnalité de l'intellect, personnalité qu'il voulait établir contre les averroïstes, il répond en distinguant la perception primitive de la perception ultérieure. Dans la première, rien de personnel; l'illumination vient du dehors. Plus tard, au contraire, l'intellect est acquis, il devient notre, en ce sens que Dieu répandant sans cesse sa lumière, est toujours à notre disposition dès que nous voulons penser. Par sa nature , l'intellect individuel serait périssable ; mais rendu parfait par l'illumination divine , il devient immortel l. La pensée de Zabarella sur ce point paraît du reste fort peu arrêtée. Il pense, comme toute l'école de Padoue, que l'immortalité de l'âme n'est pas dans les principes de la physiologie péripatéticienne. En cela il était alexandriste , et c'est le jugement qu'en ont porté les contemporains , deterrimam alexandreorum sente ntiam palam professas*. Les disputes de Zabarella et de François Piecolomini rappelèrent à Padoue, durant la seconde moitié du xvic siècle, les prouesses d'Achillini et de Pomponat; Piecolomini avait été élève de Zi-