BibL Orient., au mot Rosclul
grand philosophe, qui y a ajouté ensuite de fort amples commentaires, dont saint Thomas et les autres scolastiques se sont servis \ avant que les originaux grecs d'Aristote et de ses commentateurs nous eussent été connus. » D'Herbelot pouvait ne pas connaître l'histoire des versions latines d'Aristote, qui n'a été soigneusement étudiée que depuis quelques années; mais en qualité d'orientaliste, il n'aurait pas dû ignorer : 1° qu'Aristote avait été traduit en arabe trois siècles avant Averroès ; 2° que les traductions d'auteurs grecs en arabe ont été faites du syriaque et non du grec ; 3° que peut-être aucun savant musulman, et que certainement aucun Arabe d'Espagne, n'a su le grec. Quoi qu'il en soit, cette opinion erronée paraît avoir régné dès les premiers temps de la renaissance. Augustin Niphus1, Patrizzi2, Marc Oddo, dans la préface de l'édition des Juntes , de 15523, Jean- Baptiste Bruyerin4, Sigonio s, Tomasini6, Gassendi7, Longuerue8, Moréri9, et en général tout le xvie et le xvne siècle, ont considéré Averroès comme ayant introduit Aristote chez les Latins. D'Herbelot , reproduisant cette méprise , et y ajoutant un nouveau degré de précision , a été copié par Casiri10, Buhle11, Harles12, de Rossi13,
1. In lïbrum de Subst. Orbis (Venise, 1508), f. 2. — In Phys. Auscultationes Aristotelis (Venise, 1549) prœf.