‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 27 sur 235 · Metaph., XII, p. 323. — De anima, III, f · texte numérisé non relu

Metaph., XII, p. 323. — De anima, III, f

7. In Prœdicam., f. 23. — De anima, 1. I, f. 114 v°; 1. II, f. 127, 130, 159 ; 1. III, f. 160 v°, 195. — Phys., 1. I, f. 17 ; 1. II, f. 34; 1. IV, f. 61. — Expos, média in I'hys., f. 200, 203.— Destr. Deslr., fol. 217 v°.

8. De causis corrupt. art., 1. V. Opp., t. Ior, p. 141 (Bâle, 1555).

9. Metaph., I, f. 22. Une méprise toute semblable a été commise par

Ces erreurs accuseraient, en effet, la plus grossière ignorance, si l'on ne songeait qu'elles sont pour la plupart le fait des traductions qu'Ibn-Rosehd avait entre les mains, et que les Arabes d'ailleurs ont manqué des notions les plus élémentaires sur l'ensemble et l'histoire de la littérature grecque.

Quant à la barbarie du langage d'Averroès , peut-on s'en étonner quand on songe que les éditions imprimées de ses œuvres n'offrent quune traduction latine d'une traduction hébraïque d'un commentaire fait sur une traduction arabe d'une traduction syriaque d'un texte grec; quand on songe surtout au génie si différent des langues sémitiques et de la langue grecque , et à l'extrême subtilité du texte qu'il s'agissait d'éclaircir? Comment la pensée originale ne se serait-elle pas évaporée dans ces transfusions répétées? Si tous les secours de la philologie moderne? si toute la pénétration de nos meilleurs esprits ne suffisent pas pour lever les voiles qui enveloppent pour nous la pensée d'Aristote , comment Ibn-Roschd, qui n'avait entre les mains que des versions souvent inintelligibles , aurait-il été plus heureux ? L'on est presque tenté de lui savoir gré de n'avoir pas fait plus de contre-sens , et de dire avec Isaac Yossius : Si grœce nescius, féliciter adeo mentem Aristotelis perspexit , quid non facturas \ si linguam scisset grœcam 1 ?

Après Aristote , les commentateurs grecs , Alexandre d'Aphrodisias, Themistius ? Nicolas de Damas sont ceux

l'auteur de la traduction arabe du dialogue de Cébès. Cébès, transporté d'admiration, s'écrie par moments : co cHpcr/.Xsiç! Le traducteur a cru que c'était le nom de l'interlocuteur, et a ajouté à la fin de l'ouyrage : Explicit expositio Herculis Socraticiad Cebetem Platonicum, etc. 1. De philos, sectis, c. xvm, p. 90.

dont les noms reviennent le plus souvent sous la plume d'Ibn-Roschd1. Parmi les Arabes, Ibn-Sina et Ibn-Bâdja sont les plus fréquemment cités. Les opinions d'Ibn-Sina et d'Alexandre ne sont d'ordinaire alléguées que pour être combattues, et quelquefois avec une évidente partialité2. Ibn-Badja, au contraire, est toujours^ traité avec un profond respect, et si Ibn°Roschd se permet parfois de ne pas partager son opinion , ce n'est qu'en protestant de son admiration pour le père de la philosophie arabeespagnole 3. En général , la polémique occupe une trèsgrande place dans les écrits d'Ibn-Roschd, et y introduit un ton de vivacité qui intéresse. Quelquefois l'enthousiasme de la science et l'amour de la philosophie F élèvent jusqu'à un accent de moralité fort éloquent4. Ses commentaires sont prolixes, mais sans sécheresse; la personnalité de l'auteur y paraît sans cesse dans les digressions et les réflexions dont il entremêle son texte. Je ne crois pas pourtant qu'il y ait rien à en tirer pour l'interprétation d'Aristote. Autant vaudrait, pour mieux comprendre Racine, le lire dans une traduction turque ou chinoise, ou, pour sentir les beautés de la littérature hébraïque , s'adresser à Nicolas de Lyre, ou à Cornélius a Lapide.

S vu.

L'admiration superstitieuse d'Averroès pour Aristote

1 . C'est sans doute par une erreur du copiste ou du traducteur que le nom de Cicéron se lit dans le commentaire sur le VIIIe livre de la Physique (p. 177, édit. 4552), et celui de Sénèque dans la traduction de la Poétique par Hermann l'Allemand.

2. Phys., VIII, f. 173. — Mcteor., 1. HT, f. 55 v°. — De gêner et corr. , 1. I, f. 286 v°. — De anima, 1. III, f. 169, 176 et suiv.

3. Phys. 1. IV, f. 74 v»; VI, f. 122, 138. — De anima, III, f. 176 v° A. Voy. surtout les Prologues du commentaire sur la Physique et de

la Destruction de la Destruction.

a été souvent remarquée. Pétrarque s'en est égayé1; Gassendi l'a rapprochée du culte de Lucrèce pour Epicure2; Malebranche s'en est fait une arme dans sa lutte contre l'aristotélisme3. « L'auteur de ce livre, dit Ibn- Roschd, dans la Préface de la Physique, est Aristote, fils de Nicomaque , le plus sage des Grecs ? qui a fondé et achevé la logique, la physique et la métaphysique. Je dis qu'il les a fondées, parce que tous les ouvrages qui ont été écrits avant lui sur ces sciences ne valent pas la peine qu'on en parle, et ont été éclipsés par ses propres écrits. Je dis qu'il les a achevées, parce qu'aucun de ceux qui Font suivi jusqu'à notre temps, c'est-à-dire pendant près de quinze cents ans, n'a pu rien ajouter à ses écrits, ni y trouver une erreur de quelque importance. Or, que tout cela se trouve réuni dans un seul homme , c'est chose étrange et miraculeuse, et l'être ainsi privilégié mérite d'être appelé divin plutôt qu'humain, et voilà pourquoi les anciens l'appelaient divin \ » — ce Nous adressons des louanges sans fin, dit-il ailleurs3, à celui qui a distingué cet homme (Aristote) par la perfection, et qui l'a placé seul au plus haut degré de la supériorité humaine, auquel aucun homme dans aucun siècle ait pu parvenir; c'est à lui que Dieu a fait allusion, en disant (dans le Coran) : Cette supériorité ', Dieu l'accorde à qui il veut. » — • « La doctrine d'Aristote, dit-il encore6, est la souveraine vérité; car son intelligence a été la

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