‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 28 sur 235 · Destr. Destr.. 1. I, dissert. in · texte numérisé non relu

Destr. Destr.. 1. I, dissert. in

limite de l'intelligence humaine, de sorte qu'on peut dire de lui à bon droit qu'il nous a été donné par la Providence pour nous apprendre ce qu'il est possible de savoir. » — - «Aristote est le principe de toute philosophie; on ne peut différer que dans l'interprétation de ses paroles et dans les conséquences à en tirer1. » — « Cet homme a été la règle de la nature et comme un modèle ou elle a cherché à exprimer le type de la dernière perfection2. » Tout cela équivaut à peu près aux paroles que lui prête Balzac, « qu'avant qu Aristote fût né , îa nature n'était pas entièrement achevée; qu'elle a reçu en lui son dernier accomplissement et la perfection de son être ; qu'elle ne saurait plus passer outre ; que c'est l'extrémité de ses forces et la borne de l'intelligence humaine3. » Au fond, ces expressions n'ont rien de plus fort que celles que l'on trouve à chaque page dans les auteurs chrétiens , depuis le grand avènement d' Aristote, au xne siècle. Une opinion très-répandue attribuait à sa philosophie une source surnaturelle : un démon (bon? mauvais?) la lui avait révélée; l'antechrist seul en aura le secret4.

Peut-être même ces éloges exagérés ne doivent pas être pris trop au sérieux. Ce qu'il y a de certain c'est qu'Ibn-Roschd distingue parfois entre son opinion et celle du texte qu'il commente. Jamais, sans doute, il ne se permet d'exprimer dans son commentaire une pensée différente de celle de son maître ; mais, d'un autre côté, il prend soin de nous avertir qu'il n'accepte pas la res-

{.Epist. deconn. intell, abstractï cumhomine, init. (t. X, édit. 1560).

2. De anima, 1. III, f. 169 (1530). Cf. Meteor., 1. III, f. 55 \° (Mit. 1560). Ce passage avait déjà été remarqué et cité par Roger Bacon (Opus MajuSy-p. 36), Gilles de Rome [Quocll., III, quœst. 13), Patrizzi, Discuss. Perip., t. Ier, f. 98 et 106 (Venet., 1571).

3. Disc, à la suite du Sacrale chrétien, p. 228 (Paris, 1661).

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