Cf. Metaph.,l.XII, f. 344 v
des Motecallemîn de notre religion et de celle des chrétiens, par exemple de Jean le Chrétien (Jean Philopon), qui prétend que la possibilité de l'être créé ne réside que dans l'agent. Quant aux opinions intermédiaires , elles se réduisent à deux ; mais la première admet à son tour deux nuances assez diverses. Ces opinions sont d'accord sur un point, c'est que la génération n'est qu'une transmutation de substance , que toute génération suppose un sujet , et que rien ne s'engendre si ce n'est de son semblable. Dans la première de ces opinions, l'agent crée la forme et imprime cette forme à une matière existante. Parmi les partisans de ce sentiment, les uns séparent entièrement l'agent de la matière , et l'appellent le donateur des formes : c'est l'opinion d'Ibn-Sina1; d'autres soutiennent que l'agent est tantôt non séparé de la matière , comme lorsque le feu engendre le feu, ou que l'homme engendre l'homme; tantôt séparé , comme cela a lieu dans la génération des animaux et des plantes , qui naissent du dissemblable : telle est l'opinion de Thémistius, et peut-être d'AIfarabi. La troisième opinion est celle d'Aristote, et consiste à dire que l'agent fait du même coup le composé de la matière et de la forme, en donnant le mouvement à la matière et la transformant jusqu'à ce que tout ce qui y était en puissance passe à l'acte. Dans cette opinion, l'agent ne fait qu'amener à l'acte ce qui était en puissance , et réaliser l'union de la matière et de la forme. Toute création se réduit ainsi à un mouvement , dont la chaleur est le principe. Cette chaleur, répandue dans l'eau et dans la terre, engendre les animaux et les plantes, qui ne naissent pas d'une semence. La nature