‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 54 sur 235 · Cf. Destr. Destr., pars ait., disp. III , f. 350 v · texte numérisé non relu

Cf. Destr. Destr., pars ait., disp. III , f. 350 v

produit tout cela avec ordre et perfection , bien qu'elle soit dénuée d'intelligence , comme si elle était guidée par une intelligence supérieure. Ces proportions et cette énergie productive, que les mouvements du soleil et des étoiles donnent aux éléments , sont ce que Platon appelait les idées. Dans l'opinion d'Aristote, l'agent ne crée aucune forme; car s'il en créait, quelque chose pourrait sortir du néant. C'est la fausse imagination d'après laquelle on se représente les formes comme créées , qui a porté certains philosophes à croire que les formes sont quelque chose de réel , et qu'il y a un donateur des formes; c'est la même opinion qui a porté les théologiens des trois religions qui existent de nos jours, à dire que quelque chose peut sortir du néant1. Partant de ce principe, les théologiens de notre religion ont supposé un seul agent produisant tous les êtres sans intermédiaire , et dont Faction s'exerce au même instant par une infinité d'actes opposés et contradictoires. Dans cette hypothèse, le feu ne brûle plus , l'eau n'humecte plus ; tout a besoin d'une création spéciale et directe. Bien plus, quand un homme lance une pierre, ils prétendent que le mouvement n'appartient pas à l'homme , mais à l'agent universel2. Us détruisent ainsi l'activité humaine. Mais voici une doctrine plus surprenante encore. Si Dieu peut faire passer quelque chose du non-être à l'être , il peut de même le faire passer de l'être au non-être : la destruction, comme la génération, est l'œuvre de Dieu; la mort est une création de Dieu. Pour nous, au contraire, la destruction est un acte de même nature que la génération. Tout être engendré porte en lui la corruption en puissance. Pour détruire, comme pour créer, l'agent n'a

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