Cf. De Cœlo et Mundo, f
5, Cf. Destr. Destr., pars ait., disput. I.
qu'à faire passer la puissance à l'acte. Ainsi il faut maintenir vis-à-vis l'un de l'autre la puissance et l'agent. Si l'un faisait défaut , rien ne serait , ou tout serait en acte : deux conséquences également absurdes. »
Toute la doctrine d'Ibn-Roschd, tout le fond de sa polémique contre les Motecallemîn est contenu dans ce passage essentiel. La génération n'est qu'un mouvement, tout mouvement suppose un sujet. Ce sujet unique, cette possibilité universelle, c'est la matière première , douée de réceptivité, mais dénuée de toute qualité positive, également apte à recevoir les modifications contraires1. Cette matière première n'est susceptible d'aucun nom ni d'aucune définition. Elle n'est que la simple possibilité. Toute substance est ainsi éternelle par sa matière, c'est-à-dire par sa puissance d'être. Dire qu'une chose est engendrée du non-être absolu à l'être, c'est dire qu'elle possède une disposition qu'elle n'a jamais eue2. La matière n'a pas été engendrée, et elle est incorruptible3. La série des générations est infinie a parte ante et aparté postk ' : tout ce qui est possible passera à l'acte, autrement il y aurait quelque chose d'oisif dans l'univers8, puis, dans le milieu de l'éternité, il ri y a pas de différence entre ce qui est possible et ce qui est*. L'ordre n'a pas précédé le désordre, ni le désordre n'a précédé l'ordre. Le mouvement n'a pas précédé le repos,
1. Zimara interprète ainsi la pensée d'Averroès : Materia est una secundum subjectum, et multa secundum potentias et habilitâtes ad recipiendum formas contrarias [Solut. contrad., f. 62, édit. 1560).